Graham Van Pelt fait danser les foules avec son groupe Think About Life, mais il est aussi l'homme-orchestre de Miracle Fortress. Après Five Roses, paru en 2007 et qui n'a récolté que des éloges, il revient avec Was I The Wave?, un album sombre aux expérimentations électro.

Mis à jour le 14 mai 2011
Émilie Côté LA PRESSE

Le corps affaibli par un virus, Graham Van Pelt nous attend au café Falco, dans le Mile End. Le musicien rouquin, mieux connu sous le nom de Miracle Fortress, est en train de lire l'essai du journaliste Chris Hedges.

Électro, rythmé et plutôt sombre, l'album Was I The Wave? est fort différent de l'indie pop mélodique de Five Roses, paru en 2007, finaliste pour le prix Polaris. «J'ai appris beaucoup en termes de programmation, mais la forte présence de la batterie est la grande différence, explique Graham Van Pelt, un gars plutôt réservé. J'étais dans un mood différent. Je voulais explorer d'autres sons et créer une atmosphère claustrophobique, pour que les sons soient un miroir des paroles. Je voulais faire de la musique sur ma vie en ce moment.»

L'image de la vague? «C'est dur à expliquer. Ça a du sens avec la musique qui est enveloppante. C'est le sentiment d'être dépassé, d'avoir quelque chose qui prend le dessus et qui te consume, et de ne pas savoir où ça va commencer et où ça va finir... Les hauts et les bas de la vie», répond l'artiste.

Les claviers sont lourds et atmosphériques sur Was I The Wave?. D'un tableau sonore à l'autre, il y a un sentiment d'oppression, mais avec des répits dansants qui rendent l'ensemble accrocheur. C'est un album réussi et puissant, mais disons que nous sommes loin des fleurs roses de la pochette de Five Roses, album qui donnait envie de gambader dans un champ... Mais pour reprendre ses propos, qu'est-ce qui dépasse Graham Van Pelt? «Tout le bruit dans notre culture. La différence entre les interactions qui sont bonnes pour toi et celles qui sont créées par la culture de masse.»

Seul et comblé

Graham Van Pelt ne s'en cache pas: il est plutôt solitaire. Seul en studio, il est un homme comblé et heureux. «J'aime travailler en studio. Arriver avec mes idées et les expérimenter. Mais j'aime aussi jouer avec les autres et jammer.»

Graham Van Pelt, né dans la même ville ontarienne que Justin Bieber, à Stratford, a déménagé à Montréal en 2004 avec des copains. Très jeune, il a appris à programmer de la musique sur l'ordinateur de ses parents. «Je voulais être en mesure de faire tout. Je voulais reproduire le son que je voulais.»

Le multi-instrumentiste, arrangeur et réalisateur ne compte pas faire énormément de spectacles pour son nouvel album Was I The Wave?. «Je veux travailler plus en studio», dit celui qui aimerait réaliser les albums des autres.

En voyant à quel point Graham Van Pelt est un artiste discret et introspectif en entrevue, il est étonnant de se rappeler qu'il est le claviériste du groupe festif Think About Life, qui propose un mélange accrocheur de disco, funk, pop, rock et électro.

En quoi Miracle Fortress et Think About Life sont-ils différents pour Graham Van Pelt? «Miracle Fortress n'est pas un projet live comme Think About Life, répond-il. Mais dans les deux cas, je prends la musique comme elle est et je la joue sur scène comme un cover band.»

Miracle Fortress, en spectacle au Rideau déchiré/Torn Curtain (6595A, rue Saint-Urbain), le 20 mai.