Dave One et P-Thugg reprennent du service, trois ans après la sortie de l'album Fancy Footwork. Le duo montréalais s'arrête samedi au Métropolis dans le cadre d'une tournée nord-américaine en prévision de son nouvel album, Business Casual, lequel a été précédé l'automne dernier d'un premier «extrait»: l'impeccable bombe électro-pop Night by Night. Conversation avec Dave One à propos de l'impact de Cité Rock Détente sur sa carrière internationale. Sans blague.

Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Sans crier gare, Chromeo nous est arrivé avec de la pop toute fraîche à nous mettre dans les tympans, l'automne dernier: Night by Night, du Chromeo à son meilleur. Cette chanson ver d'oreille délicieuse et mélancolique dans des tons d'électro bleu poudre célèbre, comme toujours, la pop classique des années 80, solo de guitare électrique à l'appui. C'était de bon augure pour l'album, mais on ne le saura pas avant septembre.

«Night by Night n'était même pas censée être le premier single de l'album, corrige David Macklovitch, attrapé chez lui à New York, où il conserve sa charge de cours à l'Université Columbia. Ça devait être une chanson de transition, quelque chose pour faire patienter. On l'avait écrite bien avant de commencer à travailler au nouvel album. Tout ce qu'on voulait, c'était offrir une chanson gratuite aux fans. Or, elle a tellement bien marché - le clip est devenu viral - que les fans ont cru que c'était effectivement un premier single

Le tandem n'avait plus le choix, il devait la mettre sur l'album. Le remix du jeune producteur dubstep britannique Skream - qui a fameusement retouché le tube In 4 The Kill de La Roux l'été dernier - a, de son côté, propulsé le groupe sur d'autres scènes underground. «Skream, c'est une belle rencontre qu'on a faite au Winter Music Conference de Miami, où on va tout le temps puisque mon frère Alain (A-Track, qui a notamment travaillé avec Kanye West) y va chaque année. Il nous a dit qu'on était son groupe préféré et on apprécie beaucoup son travail.»

En attendant la sortie de Business Casual, un nouvel extrait, la ballade Don't Stop the Night, a fait surface. Elle est à l'image de l'album, confirme le musicien. «Il est plus raffiné que ce qu'on faisait auparavant. Les voix y sont beaucoup plus travaillées, il y a beaucoup d'harmonies vocales, c'est, en général, plus léché dans le style.»

Invités spéciaux

Exceptionnellement, quelques invités feront leur apparition: Solange Knowles, soeurette d'une certaine Beyoncé («parce que je voulais une voix féminine sur l'album et que c'est une amie de mon frère»), Ezra Koenig, de Vampire Weekend, dans un duo en prime avec la version iTunes du disque («un bon ami, on s'est rencontrés à Columbia») et, en préparation, un remix très spécial d'une des chansons de l'album, avec La Roux.

«On va découvrir une facette d'elle qu'on ne connaissait pas, promet Dave. Ce sera très funky. Cette fille-là n'a vraiment pas encore montré tout ce dont elle est capable - c'est une Annie Lennox en devenir!»

Et - surprise! - il y aura même une chanson en français. Une ballade baptisée J'ai claqué la porte, atmosphère fin seventies, guitare sèche en prime. «Ça faisait un moment que je voulais faire une chanson en français, précise Dave One. Tout à fait dans le style Cité Rock Détente.»

Pincez-moi, je rêve. «Moi aussi, ça m'étonne, rétorque le musicien, fan fini et non repentant de la pop surannée de Hall&Oates. En fait, sur chaque disque, il y a toujours une chanson plus étrange; par exemple, je n'aurais jamais pensé chanter une chanson comme Mama's Boy, sur le disque d'avant. Quand j'ai proposé la chanson à Pat (Patrick Gemayel, alias P-Thugg), il a dit: let's go, on la met sur l'album.»

Une éducation musicale

«Pat et moi, on écoutait toujours Cité Rock Détente lorsqu'on était petits, ajoute-t-il. Ça a fait notre éducation musicale quétaine à la fin des années 80, début 90, parce qu'on écoutait ça à notre travail d'été.» Lorsque le groupe enchaînera la sortie du nouvel album, début septembre, avec une nouvelle tournée, les deux Montréalais prévoient s'entourer de trois choristes «habillées comme dans les clips de Robert Palmer».

Oui, ça promet, mais en attendant, ce sont les nouvelles chansons de Chromeo qu'on ira découvrir dans le cadre du MEG Montréal.

_____________________________________________________________________________

Chromeo, samedi 23 h, au Métropolis. Neon Indian et Telephoned jouent en première partie.