Parmi les centaines de groupes indépendants de Sao Paulo, les professionnels citent d'abord Holger, excellent groupe indé qui s'exprime en anglais dans un marché très majoritairement unilingue.

Alain Brunet LA PRESSE

Rencontré avec ses collègues une terrasse de Vila Magdalena, Arthur Britto, batteur et multi-instrumentiste, se justifie: «Nous avons grandi au Brésil et même si nous avons entendu des musiques de partout dans le monde, ce doit avoir forcément exercé une influence sur ce qu'on fait, non? Peut-être créerons-nous bientôt une nouvelle chanson de laquelle émergera un rythme samba, sans qu'on puisse y coller une explication rationnelle. Je suppose que «l'angle brésilien» se trouve dans notre inconscient.

«Nous aimons la musique, point. Tout ce qui nous touche finit par être une influence. En haut de la liste, je citerais Pavement, The Flaming Lips, New Order, Os Mutantes, Caetano Veloso, Gilberto Gil, Tom Zé, Jorge Ben Jor, Fela Kuti, toutes sortes de hip hop, LCD Soundsystem, Gang of Four, Godspeed You! Black Emperor, la pop suédoise des zéroties, la pop indie des années 90, etc. Plus récemment, l'afrobeat nigerian, les musiques caribéennes et des musiques électroniques un peu caricaturales se sont ajoutées à notre palette.»

Et pourquoi chanter en anglais dans un marché de cette taille où l'on parle le portugais brésilien?

Arthur Britto répond par une question: «Pourquoi ne pas chanter en anglais? Pourquoi ne pas chanter en roumain, tant qu'à y être? Le portugais est une langue difficile pour faire couler les mots dans la mélodie. L'anglais est plus simple et plus facile d'usage pour une chanson. Nous chanterions en mandarin si nous convenions que cette langue est un meilleur matériau pour nos chansons.»