Ils sont américains, européens, africains, utilisent l'anglais, l'hébreu ou des dialectes du Malawi et mélangent des rythmes du monde entier: Vampire Weekend, M.I.A. ou Fool's Gold créent une musique globale, libérée des carcans du format pop classique.

Bénédicte Rey AGENCE FRANCE-PRESSE

Le collectif californien Fool's Gold compte une dizaine de membres d'horizons divers: États-Unis, Argentine, Brésil, Israël... Son premier album éponyme, fortement influencé par la musique d'Afrique de l'Ouest, a reçu des critiques élogieuses au 34e festival rock du Printemps de Bourges qui s'achève aujourd'hui.

«Aujourd'hui, non seulement il est plus facile pour nous d'avoir accès à toutes les sortes de musique qui nous inspirent mais, comme cet accès est plus facile, les gens ont aussi les oreilles plus ouvertes. C'est un bon moment pour faire ce que nous faisons», explique à l'AFP le chanteur du groupe Luke Top.

«Notre groupe est une formidable façon de s'échapper des rigidités et des cages musicales dans lesquelles nous sommes tous enfermés», dit-il, expliquant que le mélange de tant d'influences rend «le processus d'écriture très intéressant».

Comme eux, The Very Best sont représentatifs d'une nouvelle génération de musiciens pour qui les différences de nationalités ou de cultures n'entrent plus en ligne de compte.

Le groupe, également invité du festival, est né de la rencontre à Londres entre le duo de producteurs franco-suédois Radioclit et du chanteur et percussionniste malawite Esau Mwamwaya.

Leur premier album, Warm heart of Africa, est un joyeux mélange de dance, de pop, d'afrobeat et de hip hop.

«Je ne considère pas que ce que nous faisons soit de la world music ou même de la musique africaine. Avec Radioclit, nous avons toujours aimé ne pas nous cantonner à un seul genre et quand nous avons rencontré Esau, il a simplement été inspiré par ce que nous faisions», explique à l'AFP le Suédois Johan Karlberg.

Pour son album, le trio a collaboré avec d'autres comparses de cette «sono mondiale», comme la chanteuse anglaise d'origine tamoule M.I.A. ou Vampire Weekend, des New-Yorkais récemment parvenus en tête des charts américains en mêlant des rythmes venus de Soweto (township au sud de Johannesburg) ou du Brésil à de la pop.

«Des gens comme (le producteur) Diplo ou M.I.A. ont vraiment repoussé les frontières de la pop. Nous avons tous des approches différentes, mais nous partageons un esprit commun», estime Johan Karlberg.

Avec la mondialisation, celui-ci se félicite aussi qu'on puisse désormais «faire de la musique qui touche le monde entier sans qu'elle soit nécessairement en anglais».

Pour The Very Best, Esau Mwamwaya chante en chichewa, un dialecte malawite. «Le chichewa n'est pas très répandu dans le monde, c'est une façon de le faire connaître, dit-il. Je suis Africain, je viens du Malawi, en chantant en chichewa, je me sens davantage moi-même.»

Né en Israël, Luke Top de Fool's Gold chante, lui, en hébreu.

«C'est quelque chose qui est venu naturellement quand nous avons commencé et que nous jouions tout ce qui nous passait par la tête. Cela change la façon dont je joue, c'est une langue très gutturale qui s'accorde avec notre musique de façon unique», explique-t-il.

«Je ne comprends pas ce dont parlent les chansons de certains de mes artistes préférés comme l'Ethiopien Mahmoud Ahmed, mais je leur fais confiance, sourit-il. Dans ces cas-là, tout ce qu'on ressent c'est l'émotion de la musique et d'une certaine façon c'est un chemin plus direct vers le coeur et l'esprit».