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Lorraine Desmarais: vaisseau amiral

Lorraine Desmarais... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Lorraine Desmarais

Photo: André Pichette, La Presse

Le 14 avril 2005, Lorraine Desmarais présentait en primeur son big band au Club Soda, un vaste et ambitieux projet. Quatre ans plus tard, un album témoigne de la maturité acquise par la pianiste, dont le big band sera le vaisseau amiral au 30e Festival international de jazz de Montréal.

«Après le Club Soda, j'ai mis ce projet de côté pendant un moment. Pour diverses raisons... j'en avais d'autres qui me tentaient, j'ai fait des tournées, et je n'arrivais pas à obtenir de financement pour enregistrer le big band. Un peu plus tard, j'ai présenté l'orchestre au Festival international de jazz de Montréal ainsi qu'au Festival de jazz d'Ottawa. Or, récemment, j'ai obtenu des fonds de Musicaction et du Conseil des arts du Canada. J'ai pu faire l'album.»

 

Le constat de cette rencontre, la première depuis avril 2005, est clair: Lorraine Desmarais est radieuse, habitée par un sentiment de grande satisfaction. Savez, ce buzz qui vous anime et vous comble lorsque le travail a été bien fait. Lorsque vous émergez au terme d'un processus long et difficile.

«Ce projet de big band a fait du chemin, affirme-t-elle, sourire aux lèvres. On n'a peut-être joué que trois fois sur scène, mais ça sonne! Les musiciens connaissaient ma musique, ils jouent dans d'autres big bands. Alors? En quelques répétitions et trois jours d'enregistrement, nous avons été capables de capter l'énergie qui se dégage d'une représentation sur scène.»

Afin de rendre plus fluide la facture d'ensemble de son grand orchestre, la pianiste, compositrice (les neuf pièces au menu sont de son cru) et arrangeuse dit avoir allégé certains de ses premiers arrangements.

«J'ai écouté beaucoup de big bands depuis trois ans. Je voulais mieux doser et aussi donner la place qui convenait le mieux à chaque soliste de l'orchestre. J'ai essayé d'être le plus équitable possible.

«Entre autres, il y a le saxophoniste Jean-Pierre Zanella avec qui je collabore depuis longtemps et qui joue magnifiquement bien le soprano, tout comme l'alto. Il y a André Leroux, formidable joueur de ténor qui nous sert un solo éclaté sur And One for Chick. Il y a ce solo magnifique du tromboniste Dave Grott sur la pièce Bill. Les trompettistes sont tous excellents: Aron Doyle, superbe au flugelhorn (bugle), Ron DiLauro, toujours impeccable, ou encore Jocelyn Couture, solide comme le roc. Il me fallait les meilleurs car les partitions des trompettes ne sont pas évidentes. Et je suis très contente de pouvoir compter sur la même section rythmique avec laquelle je travaille depuis longtemps: Frédéric Alarie est sans contredit un des meilleurs contrebassistes québécois, Camil Bélisle a fait un boulot impeccable à la batterie.»

Bien sûr, elle en passe, sans mauvaise volonté: David Bellemare au sax alto, Richard Beaudet au sax ténor, Jean Fréchette au baryton sont aussi mis en relief dans les compositions et arrangements de la musicienne.

L'histoire d'une vie

Voilà donc un troisième album de Lorraine Desmarais chez Analekta, un dixième en 25 ans de carrière. Découverte de la relève au FIJM en 1984 alors qu'elle remportait le prix Yamaha, prix Oscar-Peterson en 2002, prix SOCAN des compositeurs en 2002 et autres Félix. À n'en point douter, Lorraine Desmarais demeure une incontournable du jazz québécois. Faut-il s'étonner qu'un concert important lui soit consacré au 30e Festival de jazz de Montréal (le 9 juillet, pour être précis), avec big band et invité spécial?

N'ayez crainte, la pianiste ne se tient pas pour acquise. Chaque jour, ce petit bout de femme consacre des heures à sa mise en forme au clavier. Elle est peut-être moins stressée, elle continue à travailler d'arrache-pied. Et comment améliore-t-on son jeu après tant d'années?

«Dans la sensualité. J'aime encore jouer rapidement, j'aime que mon style soit fougueux, mais je n'en sens plus l'obligation. Se détendre, relaxer tout en jouant à un haut niveau, c'est l'histoire d'une vie. C'est aussi l'histoire d'une vie que de s'abandonner, lâcher prise. À un moment, il n'est plus nécessaire de pousser fort pour se réaliser. Au mieux, il faut le faire pour soi.

«Je suis choyée. Je reste calme tout en me donnant des défis. La musique garde jeune et en vie.»

 




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