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Le Met s'entiche des Québécois

Le directeur du Metropolitan Opera de New York,... (Photo:Bernard Brault, La Presse)

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Le directeur du Metropolitan Opera de New York, Peter Gelb.

Photo:Bernard Brault, La Presse

Mario Cloutier

Peter Gelb est devenu le directeur du célèbre Metropolitan Opera de New York en 2006. Depuis, il a pris des décisions audacieuses, comme la diffusion dans des cinémas, et a embauché de nombreux artistes étrangers et québécois, comme Robert Lepage et Yannick Nézet-Séguin.

En trois ans au Met, Peter Gelb a réussi un tour de force. Le New-Yorkais a stabilisé les finances de la grande maison d'opéra et renouvelé son auditoire. Il l'a fait en prenant des risques: diffuser les productions dans les cinémas et inviter de grands metteurs en scène internationaux.

 

Parmi ces artistes de renom, Robert Lepage a dirigé La damnation de Faust, qui sera repris en 2009-2010 et, évidemment, le Ring de Wagner, cette année. François Girard, Bernard Labadie et Yannick Nézet-Séguin inscriront aussi le Met dans leur CV. Ils le feront parce qu'ils sont parmi les meilleurs de leur profession, souligne M. Gelb.

«Je cherche partout de nouveaux talents, dit-il. Dans le cas de Yannick Nézet-Séguin, je suis allé voir son Roméo et Juliette l'an dernier à Salzbourg. Il a fait un triomphe. Nous l'avons embauché pour les cinq prochaines années. Il est l'un des deux ou trois meilleurs jeunes chefs d'orchestre au monde.»

Et il n'hésite pas à qualifier les metteurs en scène Robert Lepage et François Girard de «génies» dans leur domaine.

«Il y a beaucoup d'artistes québécois qui ont énormément de talent. Ça doit être dans l'eau que vous buvez», fait-il en riant.

Cinéma

L'autre coup de maître de Peter Gelb aura été cette idée de diffuser les productions, en direct ou en reprise, dans des salles de cinéma équipées en haute définition. Connu internationalement, le Met pouvait assumer ce risque. Les coûts d'une diffusion dépassent le million de dollars canadiens.

Résultat: le Met au cinéma a attiré 1,5 million de spectateurs cette année, dans 36 pays. Les Canadiens représentent 21% de l'auditoire nord-américain. L'institution new-yorkaise est descendue dans la rue aussi. Les répétitions sont ouvertes au public. On joue en plein air et on offre davantage de tarifs réduits. Le taux de places payées est passé de 76 à 88% en trois ans.

«Toutes nos nouvelles initiatives ont montré aux gens que le Met leur appartenait, pense M. Gelb. La ville de New York en a toujours été fière, mais il s'agit plus que jamais de leur ambassadeur international, de nouveau considéré comme la plus importante maison d'opéra au monde.»

Et la crise?

Mais, malgré un budget dépassant les 300 millions de dollars canadiens, le Met n'est pas à l'abri de la crise. Les dépenses ont été revues à la baisse. Le salaire du directeur et des cadres, notamment, a été réduit. Le seul poste budgétaire non touché est celui de la programmation.

«Notre meilleure chance de succès réside dans le maintien de la qualité artistique. Mais plus grand est le budget, explique Peter Gelb, plus importants sont les problèmes financiers. Quand je suis devenu directeur, la situation était périlleuse, ce qui n'est pas atypique pour une grande organisation culturelle. Contrairement aux musées, nous ne recevons pas autant de subventions. Mais les amateurs d'opéra du Met sont passionnés et très généreux.»

En trois ans, il a aussi élargi la banque de donateurs du Met en sortant de New York. Grâce à la diffusion des productions de l'opéra dans le monde, le Met compte désormais sur 6000 mécènes de plus qu'en 2006.

«Je crois profondément que, pour rester un meneur dans une expression artistique vieillissante, il faut pendre des risques artistiques calculés, dit-il, afin de renouveler le répertoire tout en plaisant à un auditoire toujours plus grand.»

 

Une saison signée Gelb

La saison 2009-2010 du Met sera la première totalement assumée par Peter Gelb, en collaboration avec le directeur musical James Levine. Elle comprendra 26 productions, dont quatre nouvelles et autant qui n'ont jamais été présentées au Met en 125 ans d'existence. Ces raretés sont: Attila de Verdi, Armida de Rossini, From the House of the Dead de Janacek, et The Nose de Chostakovitch. La première production de la saison sera une nouvelle présentation de Tosca et mettra en vedette la Finlandaise Karita Mattila.

En direct et en HD

La présentation sur grand écran, en direct et en HD, des opéras du Metropolitan de New York aura connu une véritable explosion en 2008-2009. Au Canada, le gala d'ouverture et 10 productions du Met ont été présentés dans 82 Cineplex, dont 18 au Québec et sept dans la grande région de Montréal. Il s'agit d'un nouveau marché prometteur pour l'exploitant de salles, qui ajoutera à cette programmation un documentaire sur l'art lyrique animé par la soprano Renée Fleming, The Audition, le 6 juin prochain. Il reste encore quatre diffusions du Met d'ici l'été, dont une en direct, La Cenerentola de Rossini, le 9 mai.

 




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