Ils s'appellent Brigitte, Maxime L., William, Rich ou Vanessa, et ils apprennent le dur métier de chanteur populaire devant des millions de spectateurs à Star Académie 2009 depuis le début de février. Lundi prochain, à l'instar de leurs prédécesseurs des cuvées 2003, 2004 et 2005, ils lanceront leur album collectif. Mais six ans ont passé depuis le tout premier Star Académie, et l'industrie du disque a beaucoup, beaucoup changé. Est-ce fini, est-ce rien que le début... de la fin? Non, estime Stéphane Laporte.

Marie-Christine Blais LA PRESSE

On dit ça aujourd'hui et ça semble presque irréel: en 2003, le CD de la première Star Académie avait été certifié platine (100 000 exemplaires) le jour même de son lancement et avait passé la barre des 500 000 exemplaires lors du dernier gala. Si aucune autre cuvée de Star Ac n'a réussi à atteindre de tels sommets - ce qui n'a pas empêché les albums de 2004 et de 2005 de se vendre à quelque 200 000 exemplaires chacun -, le défi est aujourd'hui d'en vendre tout court, dans une industrie du disque en profonde transformation - pour ne pas dire en complète déconfiture.

 

Bref, il n'est pas sûr que le CD de la nouvelle cuvée puisse établir un tel record quand il sera lancé lundi prochain. «Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver, soutient Stéphane Laporte, directeur artistique de Star Académie. Déjà, en 2003, personne ne croyait qu'un show télé sur la musique pourrait rallier les gens et pourtant, ça a marché. À l'époque, les ventes des albums de Star Académie ont même été un des facteurs qui a permis que la vente de CD chute moins au Québec qu'ailleurs. La télé, ça reste la meilleure pub: dimanche dernier, Éric Lapointe n'avait pas fini l'entrevue avec Julie Snyder (à Star Académie) qu'il avait déjà vendu les billets pour remplir quatre de ses shows! On oublie que les Beatles étaient un excellent groupe, avec de la super musique, mais qu'il leur a fallu quand même passer par l'émission Ed Sullivan Show pour entrer dans le coeur des Américains et devenir connus internationalement. C'est la même chose qui peut arriver avec la chanson francophone avec des émissions comme Star Académie

Le choix des chansons

C'est pour cela que Stéphane Laporte prend un tel soin pour choisir les chansons qu'interpréteront les aspirants du concours, dès le tout début du processus de sélection: en mai 2008, en parallèle avec les auditions de Star Ac, il cherchait déjà la chanson-thème et en soumettait quelques-unes au comité de sélection: «La chanson-thème, c'est le phare pour toutes les chansons qui vont suivre. Mais c'est quelque chose, la trouver, c'est comme partir à la conquête des étoiles, c'est infini, le nombre de chansons. Quand on a entendu 1000 coeurs debout de Cali, elle a tout de suite rallié tout le monde, par son discours et son son actuel, sa manière de mêler plusieurs choses. Ceux qui combinent les influences, comme le fait Jean Leloup, ce n'est pas pour rien qu'ils font de l'aussi bonne musique.»

C'est au tout début du processus aussi qu'il choisit des chansons qui conviendront aux futurs interprètes sélectionnés, certaines plus anciennes, d'autres plus récentes, de facture plus classique ou plus actuelle: «Antoine Sicotte (réalisateur du disque) et moi, on travaille dès le début à essayer de concevoir un album avec une certaine unité de son, qui s'écoute d'un bout à l'autre, et on se donne pour mission de mettre en valeur l'aspect heureux des chansons. C'est un disque pour faire la fête, pas pour s'ouvrir les veines.»

Cette fois-ci, le choix de chansons va de morceaux écrits ou popularisés par Monique Leyrac, Richard Desjardins, Johnny Hallyday ou encore Fred Fortin. «On se laisse toujours de la place pour la découverte: quand on a entendu William chanter Moisi moé'ssi de Fred Fortin, on a décidé qu'il la fallait sur l'album, interprétée par William.»

Sans vouloir s'étendre sur les épisodes Cali ou Michel Rivard, Stéphane Laporte s'étonne-t-il que Star Académie soit moins la proie de critiques virulentes qu'à ses débuts en 2003? «C'est normal. Ça prenait ces années-là, ces artistes-là qui y ont été découverts - Stéphanie Lapointe, Marie-Élaine Thibert, Annie Villeneuve, Marie-Mai, etc. - pour faire nos preuves. Et quand le monde nous voit faire 3500 auditions, ils se disent qu'il faut que t'aimes vraiment la chanson pour faire ça pendant trois mois. C'est ça qui a fini par rallier les opinions: on a tous finalement le même amour de la chanson. Et on a duré.» Est-ce à dire qu'il y aura une autre Star Académie? «Eh bien... tout laisse croire que tout est possible!»