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Un Québécois chante avec Yes

Le chanteur Benoît David (deuxième à gauche), du... (Photo: Richard Lanthier)

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Le chanteur Benoît David (deuxième à gauche), du groupe montréalais Close to the Edge, est entouré du batteur Alan White et du bassiste Chris Squire, ses nouveaux amis du groupe Yes. À droite, Richard Lanthier, bassiste et agent de Close to the Edge.

Photo: Richard Lanthier

Yes, groupe mythique du rock progressif des années 70, a «emprunté» le chanteur Benoît David au groupe montréalais Close To The Edge pour sa tournée actuelle. Bienvenue dans l'univers des groupes hommage, où la réalité dépasse parfois la fiction.

Un peu comme le Roger Goéland de Rémy Girard, Benoît David était sur son bateau quand le téléphone a sonné, le 12 juin dernier. C'était Chris Squire, bassiste du groupe Yes, qui lui demandait comme ça s'il avait le goût de remplacer au pied levé le chanteur Jon Anderson. Benoît a cru qu'un ami à lui empruntait un accent british pour le faire marcher. L'homme a 42 ans, deux enfants et est plutôt du genre terre-à-terre. Il chante avec le groupe hommage québécois Close To The Edge, mais il gagne sa vie en retapant des intérieurs d'automobiles, de véhicules récréatifs et de bateaux.

 

«En une semaine avec Yes, Benoît donne plus de spectacles qu'avec nous en deux ans», mentionne Richard Lanthier, bassiste et agent de Close To The Edge. Richard travaille comme technicien de scène, pour Ima notamment, et joue aussi, pour le plaisir, dans Premier Ciel, un autre groupe hommage qui revisite le répertoire d'Harmonium avec la bénédiction de Serge Fiori.

C'était donc le vrai Chris Squire qui appelait Benoît David. Le bassiste de Yes a vu sur YouTube des extraits du spectacle de Close To The Edge, enregistrés dans une petite boîte de la rue Papineau. Il a aussitôt envoyé un courriel à Lanthier pour lui dire que son groupe faisait un super job et qu'il recommandait à tout le monde d'aller voir ça.

«Ça aurait pu en rester là si Jon Anderson n'avait pas été malade quelques semaines avant le début de la tournée de Yes qui devait commencer à Québec pour le 400e, raconte Lanthier. Le 11 juin, je travaillais comme technicien de scène avec Roger Hodgson, l'ex-Supertramp, à la Place des Arts. Chris Squire m'appelle, c'est important et confidentiel, mais je suis occupé. Hodgson rigole. Il est un bon ami de Squire, il sait qu'Anderson est malade, on lui a même proposé de le remplacer, mais il ne peut pas. Le lendemain, Squire me rappelle et me demande de but en blanc: «Que dirais-tu si je t'empruntais ton chanteur pour quelque temps?»» Il ne voulait surtout pas que j'avertisse Benoît, il préférait le surprendre.»

Convaincre les fans

Le mois dernier, Benoît David a entrepris une tournée nord-américaine avec Yes, à Hamilton et Toronto. Il joue désormais dans les ligues majeures et c'est son nom d'emprunt que je dois mentionner à la réception de l'hôtel de Chicago où je l'appelle.

«Ça ressemble beaucoup à ce que je fais depuis longtemps, jouer de la musique avec un groupe rock, dit-il d'un ton posé. J'ai toujours adoré donner des spectacles et je connais ces chansons que j'ai apprises avec Close To The Edge. Je ne suis pas groupie, je n'ai pas ça en moi d'être flabbergasté par quelqu'un qui a eu beaucoup de succès. Mais je respecte énormément les gars de Yes. Leur musique est fantastique, ce sont des musiciens exceptionnels et c'est super de jouer avec eux. C'est une grosse commande, il faut que tout soit fait dans les règles de l'art.»

Certains fans purs et durs de Yes n'ont pas apprécié que Squire, le batteur Alan White et le guitariste Steve Howe remplacent Anderson par un blanc-bec québécois qui chante dans un groupe hommage. Ils l'ont fait savoir sur le web. Iron Maiden et Journey ont déjà fait la même chose, mais Yes, tout de même!

«Aux répétitions à Los Angeles, j'observais l'équipe technique, l'agent, le directeur de tournée, raconte Richard Lanthier. Ils étaient inquiets, aux aguets. Après deux ou trois chansons, ils ont tous relaxé, ça marchait. À Hamilton et Toronto, après une demi-toune, les fans se sont regardés, ils ont fait des signes d'approbation et, à la fin de la chanson, ce fut le délire!»

Les gars de Yes disent-ils encore à leur chanteur québécois qu'Anderson va reprendre son poste quand il sera sur pied? «Non, ils sont prêts à toute éventualité, répond Benoît David. Jon a eu des problèmes pulmonaires et, récemment, il a été opéré aux intestins, ai-je pu comprendre entre les branches. Il n'y a pas moyen de savoir quand il pourra revenir et Yes ne va pas l'attendre. Ils parlent de faire un nouvel album. C'est normal, notre claviériste, Oliver Wakeman, le fils de Rick, est un excellent compositeur.»

À Montréal en 2009?

Benoît David fait des pressions auprès de ses nouveaux amis pour que Yes se produise à Montréal en 2009. Après avoir joué avec le vrai groupe devant des milliers de fans, aura-t-il le goût de retourner chanter du Yes avec un groupe hommage dans des petites salles de province?

«J'ai beaucoup de plaisir à jouer avec mes amis de Close To The Edge, ce sont eux qui m'ont initié à cette musique-là, que je ne connaissais pas, répond-il. Le courant passe bien dans ce groupe-là, je n'ai pas le goût de le laisser tomber. C'est mon sentiment profond.»

 




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