L'hebdomadaire conservateur The Weekly Standard, devenu l'un des rares médias américains critiques de Donald Trump côté conservateur, va fermer, a annoncé vendredi son éditeur, Clarity Media Group, justifiant cette décision par un ralentissement des ventes.

Mis à jour le 14 déc. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le magazine, qui publiera son dernier numéro lundi, avait été créé en septembre 1995 par deux éditorialistes conservateurs, Bill Kristol et Fred Barnes, qui font encore partie de la rédaction aujourd'hui.

Tenant d'une ligne éditoriale néo-conservatrice, il a globalement soutenu la politique de George W. Bush durant ses deux mandats.

Mais il a très tôt pris ses distances avec Donald Trump, au point de devenir une voix relativement dissonante au sein d'un paysage médiatique conservateur au diapason.

Cette approche lui a valu des critiques à droite qui, pour certains, sont l'une des raisons de son déclin.

Selon le cabinet BPA Worldwide, cité par le site Politico, les ventes du Weekly Standard auraient baissé de 10 % l'an dernier, à 72 000 exemplaires, contre plus de 100 000 il y a encore cinq ans.

La fréquentation de son site était également en repli, selon des données consultées sur le site SimilarWeb.

« Le Weekly Standard a été entravé par les mêmes problèmes qu'ont rencontré de nombreux magazines et journaux à travers le pays », a déclaré, dans un communiqué, Ryan McKibben, PDG de Clarity Media, qui possède également le Washington Examiner, conservateur mais nettement moins critique vis-à-vis de Donald Trump.

Le PDG a précisé que le titre avait connu une baisse d'au moins 10 % de ses ventes chaque année depuis 2013, à l'exception d'un exercice, « malgré l'investissement de moyens significatifs », ce qui « faisait apparaître clairement qu'une décision devait être prise ».

« Beaucoup de médias ont répondu aux défis de notre époque en donnant à l'affirmation priorité sur l'information, cédant à l'attrait de la polarisation et à la tentation du "clickbait" » (utilisation de titres surtout destinés à générer des clics des lecteurs) «, a écrit le rédacteur en chef Stephen Hayes dans un message interne, publié par Politico.

 » Je suis fier que nous soyons restés à la fois conservateurs et indépendants «, a-t-il ajouté, » en proposant un journalisme substantiel et une analyse appuyée sur les faits, la logique et la raison « .