En dépit de son jeune âge, il était, depuis longtemps, le conseiller écouté de plusieurs politiciens. Daniel Audet s'est éteint hier, à 51 ans, après cinq ans de lutte contre le cancer.

Publié le 18 juin 2012
Denis Lessard LA PRESSE CANADIENNE

Dès le début des années 1990, le jeune avocat de Lapointe Rosenstein s'était rapproché de Bernard Landry, alors vice-président du PQ. Audet a été son premier chef de cabinet, au retour au pouvoir du PQ en 1994.

«Il était pour moi comme un fils, et j'étais pour lui comme un père. C'était plus qu'un chef de cabinet», de soutenir hier Bernard Landry, qui prendra la parole aux funérailles de son ancien collaborateur, à la demande de M. Audet, lundi prochain.

«C'est un militant souverainiste totalement convaincu et d'une constance absolue», de résumer M. Landry. Audet avait été nommé par la suite Délégué du Québec à Londres, il avait aussi travaillé à Vidéotron et National, avant de reprendre du service en politique comme conseiller d'André Boisclair, en 2005. Après la démission de M. Boisclair, en mai 2007, il s'était retrouvé vice-président du Conseil du patronat. C'est à ce moment que son cancer, une tumeur au cerveau à un stade avancé, avait été diagnostiqué. Depuis, à plusieurs occasions, il avait témoigné de sa lutte contre la maladie. «Il a été un exemple de courage et un réconfort pour beaucoup de gens», observe M. Landry.

Son passage au Conseil du patronat «montre qu'il avait plus confiance que moi dans l'économie de marché. Cela m'a plu de voir qu'un vice-président du Conseil du patronat était un indépendantiste. Il a prouvé que la souveraineté n'est ni à droite ni à gauche, mais en avant», de conclure M. Landry.

André Boisclair l'avait rencontré à l'Université d'Ottawa, où Audet avait fait un premier baccalauréat en philosophie avant de faire son droit à l'Université de Montréal. «C'était un collaborateur... et un ami», dit-il.

L'ex-diplomate avait prouvé ses talents notamment pour organiser la visite en France du jeune chef péquiste, fin 2005. «On s'est toujours entendu sur le fait que le PQ se devait d'avoir un discours clair sur la création de la richesse. Le PQ a toujours été d'abord pour la répartition de la richesse...

Daniel n'a pas eu peur de sortir des sentiers battus, au risque de confronter un certain establishment au PQ», résume M. Boisclair.

Michel Kelly-Gagnon avait connu Daniel Audet à l'Institut économique de Montréal, puis au Conseil du patronat: «C'était un gars exceptionnel qui avait, en plus d'un profond attachement aux libertés individuelles - comme beaucoup de sympathisants péquistes -, le désir de protéger les libertés économiques».