Marie-Maude Denis, une journaliste qui a du chien

Marie-Maude Denis... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Marie-Maude Denis

Photo: Robert Skinner, La Presse

Chaque fois qu'on voit la journaliste Marie-Maude Denis braquer son micro sous le nez d'un fier-à-bras, on est frappé par le contraste qu'offre l'image de cette jeune femme au visage souriant affrontant des personnages pas toujours rassurants.

Rien ne semble pourtant intimider la reporter qui travaille depuis maintenant deux ans aux côtés du vétéran Alain Gravel, à l'émission Enquête de Radio-Canada.

L'aventure a débuté avec une enveloppe brune reçue quand elle travaillait aux faits divers. Elle a succédé à Alexandre Dumas après plusieurs années passées à Radio-Canada Québec, où elle était chroniqueuse aux affaires judiciaires.

À la réception de cette fameuse enveloppe, la journaliste s'est rendue aux bureaux de l'émission Enquête. «La chef recherchiste de l'émission était très excitée, raconte Marie-Maude Denis. Elle disait tenir enfin son smoking gun, la preuve irréfutable. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y avait dans cette enveloppe la matrice de ce qui sort aujourd'hui dans les médias. Tout ou presque y était.»

Les patrons de l'information de Radio-Canada décident alors que Marie-Maude Denis travaillera en équipe avec Alain Gravel. Depuis deux ans, lorsqu'on voit l'un des deux journalistes à l'écran, l'autre n'est jamais bien loin. On les voit d'ailleurs souvent ensemble au pupitre des différents bulletins d'information, présentant une de leurs exclusivités ou commentant une récente révélation. Ce mariage professionnel est-il difficile à vivre pour une jeune reporter - elle aura 30 ans dans quelques jours - qui fait ses premiers pas en journalisme d'enquête? «C'est comme le jeu où on t'attache une jambe à celle de ton partenaire, explique Marie-Maude Denis. Si tu n'es pas synchro, c'est l'enfer et tu tombes tout le temps. Mais si tu accordes ton pas à celui de ton compagnon, alors tu peux aller très vite.»

Une fille déterminée

Née à Sudbury, étudiante en sciences politiques, communications et théâtre à l'Université d'Ottawa, Marie-Maude Denis débute au micro de la radio de Radio-Canada avec une chronique «tendances». Elle n'a pas 20 ans. Elle déménage ensuite à Québec où elle décroche un emploi à Broadcast News (l'équivalent anglophone de NTR, l'agence de nouvelles radio de La Presse Canadienne) comme reporter. «J'avais aucune expérience mais je parlais anglais», explique-t-elle en riant.

Son parcours est un modèle de persévérance et de détermination pour n'importe quel étudiant en journalisme. Entrée à la salle de nouvelles de Radio-Canada comme préposée aux sous-titres, elle devient ensuite rédactrice jusqu'au jour où on l'envoie faire une entrevue pour «dépanner». La jeune femme se fait remarquer. Lorsqu'on cherche une journaliste pour couvrir les affaires judiciaires, un secteur dont personne ne voulait, dit-elle, Marie-Maude Denis saute sur l'occasion. Elle y passera quatre ans. Ensuite, Radio-Canada Montréal la choisit pour remplacer Alexandre Dumas aux faits divers.

«Les gens regardent souvent les faits divers de haut, mais c'est une excellente école, remarque-t-elle. C'est très large, ça touche à tous les aspects de la société et le métier rentre très vite.»

On ne révélera pas d'information inédite en disant que le milieu des faits divers est traditionnellement un monde d'hommes, mais Marie-Maude Denis n'est pas du genre à se laisser démonter. «Lorsque je rencontrais les policiers pour la première fois, je me présentais en disant: je remplace Alexandre Dumas. Radio-Canada cherchait exactement la même chose alors ils m'ont embauchée... L'humour a toujours été mon arme de prédilection.»

Depuis deux ans qu'elle est journaliste d'enquête, Marie-Maude Denis adore ce qu'elle fait. «C'est compliqué d'amener quelqu'un à témoigner à la télévision, il faut travailler fort. Les témoins ne veulent pas nécessairement être vus avec nous dans un café. En même temps, je sens l'appui du public, les gens viennent me dire à quel point ils trouvent important ce que mes collègues de tous les médias et moi faisons pour débusquer la corruption.»

À la question que bien des gens se posent en la voyant au petit écran - lui arrive-t-il d'avoir peur? -, la jeune femme répond sans hésiter: non. «Radio-Canada prend ses responsabilités et ils sont à notre écoute sur ces questions-là. Et puis, je me sens portée par les gens, par ma famille, qui s'inquiète pour moi, c'est certain. Pendant ce temps, moi, je fais mon travail.»

Les sources de Marie-Maude Denis

Marie-Maude Denis se décrit comme un véritable dinosaure: «Je ne suis ni sur Twitter ni sur Facebook, je n'ai pas le temps. Je passe déjà suffisamment de temps au téléphone ou à répondre à mes courriels.» Le matin, elle écoute la radio de Radio-Canada, regarde les informations sur RDI et lit les journaux. «Pour le reste, explique la reporter, je travaille avec mes contacts. C'est une relation qu'il faut développer et qui prend du temps.» Quand elle est devant l'ordinateur, c'est toujours pour le travail et les sites qu'elle consulte sur l'internet ont toujours un lien avec ses enquêtes. «Le plumitif, c'est pas très sexy...» Quand elle veut décrocher, elle lit surtout des romans, rarement des magazines. Sur sa table de chevet ces jours-ci, le livre Mafia inc. des collègues André Noël et André Cédilot. Décrocher? Vraiment?




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