Le romancier Thomas Reverdy a été récompensé par le prix des libraires pour son livre Il était une ville, un roman éblouissant sur Detroit, ancienne capitale de l'automobile devenue le cauchemar du rêve américain.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Publié l'an dernier chez Flammarion et salué quasi unanimement par la critique, Il était une ville a figuré dans de nombreuses sélections, dont le Goncourt, sans réussir à obtenir le moindre prix.

«Être choisi par les libraires me rend fou de joie. Ce sont eux qui portent les livres, qui les défendent», s'est félicité jeudi Thomas Reverdy, 42 ans, interrogé par l'AFP. «C'est un bonheur que cela arrive maintenant», a-t-il ajouté.

Roman d'une ville déchue, Il était une ville est aussi une charge cinglante contre le capitalisme financier qui broie les êtres humains impitoyablement. Nous suivons un ingénieur français, Eugène, envoyé dans le Michigan par «L'Entreprise» pour superviser un bureau d'études chargé de relancer la production automobile. Nous sommes en septembre 2008 au moment de la crise des subprimes. Eugène découvre une ville en ruines où ceux qui restent sont confrontés à la misère et au crime. Les chiens errants redevenus sauvages ont envahi la ville. Des enfants disparaissent.

Le thème de la disparition est récurrent dans l'oeuvre de Thomas Reverdy qui avait obtenu en 2014 le prix Joseph Kessel pour Les évaporés (Flammarion), un roman envoûtant situé au Japon qui nous faisait découvrir des «disparus volontaires», ces gens qui s'évanouissent dans la nature pour échapper à une dette ou un déshonneur public.

Décerné par un réseau de 3000 libraires, le prix des libraires a été créé en 1955. Plusieurs de ses lauréats (Laurent Gaudé, Didier Decoin, Patrick Modiano et Georges Conchon) ont ensuite obtenu le prix Goncourt, voire, pour Modiano, le Nobel de littérature.