Lise Bissonnette ne sera plus à la tête de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) bientôt mais son successeur héritera d'une institution en santé, à commencer par la Grande Bibliothèque, à Montréal, qui maintient un excellent taux de fréquentation, même à l'heure d'Internet.

Alain Martineau LA PRESSE CANADIENNE

C'est un bilan on ne peut plus positif qu'a dressé la présidente-directrice générale de l'institution, qui tirera sa révérence le 22 juin, après avoir mené un combat en faveur d'une grande bibliothèque à Montréal et procédé à toute les étapes avant, pendant et après la concrétisation du projet qui a démarré en 1998.Mais outre le taux de fréquentation - environ 55 000 personnes s'y rendent et 100 000 livres ou documents sont prêtés chaque semaine -, Mme Bissonnette, en entrevue à La Presse Canadienne, n'oublie pas de parler de son équipe, et note aussi l'accomplissement de fusions ayant débouché sur la création de la plus grande institution culturelle du Québec.

Le combat de Mme Bissonnette a commencé il y a 13 ans avec un éditorial musclé quand, à la direction du quotidien Le Devoir, elle avait plaidé pour une «Très Grande Bibliothèque», à la fine pointe des technologies. Après plusieurs interventions, c'est elle qui sera finalement nommée responsable du projet en 1998.

Malgré plusieurs controverses, les travaux pour construire la Grande Bibliothèque, localisée au-dessus du métro Berri-UQAM (à côté de l'Université du Québec à Montréal), sont lancés en 2001. Le bâtiment ultramoderne est inauguré le 29 avril 2005.

D'entrée de jeu, Mme Bissonnette ne tarit pas d'éloges à l'endroit de son équipe, à commencer par ses collaborateurs, dont certains l'accompagnent depuis les débuts de l'aventure.

Celle qui est encore perçue comme la patronne de la Grande Bibliothèque se félicite surtout des fusions qui ont mené à la création d'une seule institution regroupant les lieux de diffusion et les archives nationales du Québec.

«Ce qui me plaît le plus, dit-elle, c'est d'avoir réussi ces deux fusions, ces collages en une seule institution qui sert tous les Québécois, qui fait la chaîne de ce qu'on appelle le lieu documentaire. On ne retrouve aucun autre endroit où cela s'est fait. Ca fonctionne plutôt bien ici.»

En 2002, la Grande Bibliothèque absorbe la Bibliothèque nationale - institution majeure fondée en 1967 -, alors que les Archives nationales, créées en 1910, les rejoignent en 2006. La plus grande institution culturelle du Québec compte 800 employés.

Au terme de son périple à la tête de l'institution, Mme Bissonnette avoue que son seul regret a trait à la fermeture du lieu culturel le lundi (seule la section Actualités est ouverte).

«Si j'avais un voeu et les fonds, j'ouvrirais le lundi, et les heures d'ouverture seraient prolongées jusqu'à minuit, y compris la fin de semaine, alors que la bibliothèque ferme à 17 h», a noté Mme Bissonnette.

«Je trouve toujours un peu triste de voir les gens partir à la fermeture. On les voit malheureux. Il y a un besoin, mais en terme de personnel, c'est énorme. On parle de plusieurs centaines de milliers de dollars de plus. On a un gros budget et il faut être solidaire des autres institutions culturelles qui comptent moins de ressources», a signalé celle qui pourra dire «mission accomplie».

En quittant au début de l'été, Lise Bissonnette, également écrivaine, compte s'arrêter pour prendre le temps de respirer. Elle dit avoir deux ou trois projets d'écriture en tête.

Pour lui succéder à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, on retrouvera Guy Berthiaume, actuel vice-recteur à la recherche et à la création de l'UQAM.