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Michael Ondaatje: des parents dans la brume

Michael Ondaatje... (Photo fournie par Diffusion Dimédia)

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Michael Ondaatje

Photo fournie par Diffusion Dimédia

Michael Ondaatje est célèbre pour son roman Le patient anglais, publié en 1992 et adapté au cinéma. Pour son septième roman, Ombres sur la Tamise, l'écrivain torontois situe de nouveau l'action dans les années 40, mais juste après la guerre, dans un Londres qui se remet à peine des bombardements et des privations...

Michael Ondaatje aura mis six ans à écrire Ombres sur la Tamise. L'écrivain aime prendre son temps pour rendre la meilleure copie. Une tâche dans laquelle il met toute son âme. «Je réécris beaucoup, beaucoup, dit-il en entrevue téléphonique. Je fais beaucoup de brouillons! C'est fou, le nombre de brouillons que j'amasse!» 

Son nouveau roman met en scène deux enfants londoniens, Rachel et Nathaniel, délaissés par leurs parents partis en 1945 vers des lieux inconnus. Afin de recréer fidèlement l'atmosphère du Londres d'après-guerre, Michael Ondaatje a fait d'intenses recherches tout en déployant son intrigue, qui part, comme toujours chez lui, d'une idée qui évolue librement.

«J'ai commencé avec ces deux enfants abandonnés par leur mère et j'ai ensuite greffé des personnages, le Dard, le Papillon de nuit, Agnès, comme si je les invitais à participer! En même temps, j'ai fouillé sur la vie à cette époque en Angleterre, les bateaux et les barges sur la Tamise, et j'ai récolté des informations sur le comté de Suffolk où se déroule une partie de l'histoire.»

Une intrigue libre

Michael Ondaatje explique que sa façon d'écrire - toujours à la main - l'amène à découvrir en direct le déploiement de sa trame romanesque. Comme si l'intrigue se développait hors de lui!

«C'est comme une aventure. Le drame s'installe de lui-même plutôt que d'avoir, dès le départ, une intrigue dramatique.»

Même s'il a vécu à Londres dans les années 50, cela ne l'a guère aidé pour Ombres sur la Tamise. «L'action s'y déroule à une époque différente, dit-il. J'ai dû me rendre plusieurs fois en Angleterre où j'ai des amis. Mais j'aime ça. Ça m'a rappelé ma démarche à Toronto quand j'ai écrit La peau d'un lion. La curiosité envers un lieu et envers une époque, et l'évolution des personnages, c'est vraiment ce qui m'intéresse le plus quand j'écris un livre.»

Étude de l'après-guerre

L'écrivain a choisi de situer l'action juste après la Seconde Guerre mondiale, car il avait envie d'évoquer les tensions qui demeurent fortes à la suite d'un conflit. «La paix signifie rarement une paix réelle, dit-il. Les gens, après une guerre, doivent s'adapter à une nouvelle situation. Les traités de paix ne font souvent que pelleter les problèmes en avant, comme on l'a vu avec la Première Guerre mondiale.»

Cependant, Michael Ondaatje ne voulait pas qu'on fasse un lien quelconque avec Le patient anglais. Il souhaitait que ce nouveau roman soit plus local, avec l'histoire d'une famille anglaise aux prises avec la guerre et ses conséquences.

Ombres sur la Tamise, de Michael Ondaatje... (Image fournie par Boréal) - image 2.0

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Ombres sur la Tamise, de Michael Ondaatje

Image fournie par Boréal

Comme Rachel et Nathaniel, Michael Ondaatje a vécu sans ses parents durant une partie de ses jeunes années. Il est inutile toutefois de trouver une trace de son passé dans Ombres sur la Tamise. Même si Nathaniel étudie au secondaire dans le même vieux Dulwich College...

«Je n'essaie pas de recréer mon enfance. Je préfère façonner mes personnages avec leur propre personnalité.»

«J'essaie d'écrire en occultant les gens que je connais, sinon je serais limité, poursuit l'écrivain de 75 ans. J'aime mieux construire un personnage qui prend de la consistance au fur et à mesure du livre.»

Mémoire et quête

Ombres sur la Tamise est un roman sur la mémoire et, en même temps, une quête de savoir, car Nathaniel devient obsédé par le mystère entourant sa mère. «Comme dans Le patient anglais, il y a un travail archéologique à faire quand on lit ce roman. Dans Le patient anglais, on voulait savoir qui était ce patient. Dans Ombres sur la Tamise, Nathaniel essaie de comprendre ce qu'a bien pu faire sa mère après avoir quitté la maison familiale. C'est quelque chose qui revient souvent dans mes livres, ce côté archéologique.»

Cela dit, le nouveau roman de Michael Ondaatje est un savant mélange d'humour et de gravité. «Un livre, c'est quand même fait pour divertir ! dit-il. Je voulais que l'histoire soit à la fois intense et joyeuse même si des lecteurs pourront la trouver triste. Mais la fin n'est pas triste, je pense.»

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Ombres sur la Tamise. Michael Ondaatje. 352 pages. Boréal.




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