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Grands crus 2008

Alice Munro... (Photo: PC)

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Alice Munro

Photo: PC

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Robert Lévesque
La Presse

Mes «découvertes» littéraires de l'année, j'en aurais presque honte puisque ce sont de grands écrivains, je les ai en effet faites avec des «vieux», romanciers établis, reconnus, respectés, gavés de prix nationaux. Ne comptez pas sur moi pour découvrir ici le «neuf» dans le monde de la littérature (allez voir ailleurs, chez mes collègues), mais attention! Demandons-nous: qu'est-ce que c'est que le «neuf»?

Au vin nouveau, je préfère le scotch d'âge, les liqueurs macérées, portos, vermouths, curaçaos, tout ce que je ne bois pas dans les bars, ni chez moi, mais que je déguste dans mes lectures... L'attrait du vieux? Oh que non, je ne suis pas un lecteur gérontophile ou nécrophile, mais ces vieilles plumes-là, quand je les découvre, me rassurent sur la jeunesse pérenne à toute aventure littéraire.

 

Ils sont trois, mes vioques de 2008. L'une, Ézéchiel ait son âme, est morte il y a 21 ans, suicidée en déjouant un cancer, la grande Margaret Laurence, Manitobaine. Deux maisons-soeurs de Québec, Alto et Nota Bene, rééditent, en réajustant les traductions de Gallimard, son «cycle de Manawaka». L'autre est septuagénaire, Ontarienne, se cache habilement des médias, c'est la merveilleuse nouvelliste Alice Munro. Enfin, sexagénaire, le plus jeune, Dag Solstad, qui croule sous les prix en Norvège mais dont on vient de traduire en français (merci aux Allusifs) un de ses 20 romans.

Vous avez là des lectures au plaisir assuré. Avec Laurence et Munro, des portraits de femmes exceptionnels (les portraits, car les femmes, elles, sont saisies dans leur vie ordinaire, ce qui en fait la force, l'ordinaire des ménages et des ravages, toutes nuances de l'ordinaire...) livrés avec un art supérieur de la fabrication des histoires. Laurence, une Gabrielle Roy anglo-saxonne, Munro, un Tchékhov ontarien (me vient à l'esprit la déclaration de l'ex-» ionne de Bourget» sur l'absence de culture en Ontario!).

Le vieux Dag, depuis sa Norvège, est un petit-fils d'Ibsen qui a lu Thomas Bernhard. Honte et dignité est un voyage au bout de la honte, dans lequel la dignité d'un homme se brûle à vif. Écoeurement général, point de non-retour. Un professeur s'acharnait à faire connaître à des écoliers qui n'en ont rien à foutre les tréfonds secrets du Canard sauvage. Sa vie basculera. Ce n'est pas joli, c'est sauvage. La descente est menée avec une vigueur d'écriture que les jeunes n'ont pas toujours, loin de là!

L'ange de pierre et Une divine plaisanterie

Margaret Laurence, Alto et Nota bene, 439 pages et

326 pages

Fugitives

Alice Munro

Boréal, 354 pages

Honte et dignité

Dag Solstad

Les Allusifs, 184 pages

 




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