Aborder en même temps la civilisation du spectacle, la corruption, le défi de la vieillesse, la générosité d'un enfant, le multiculturalisme et l'amour de l'art, Anna Enquist s'y consacre à merveille avec un de ces petits bijoux de romans qui vous restent à l'esprit longtemps après en avoir tourné la dernière page.

Éric Clément LA PRESSE

L'auteure néerlandaise tend un miroir dans lequel on reconnaît les défauts de notre temps et quelques lueurs d'espoir. Quatuor raconte l'histoire de cinq instrumentistes à cordes reliés par l'amitié, l'amour et la passion de la musique. Un quatuor et un vieux professeur de violoncelle. Chacun a sa vie, son métier, ses ennuis. Tous se retrouvent régulièrement dans l'île de la musique, libérés de tout le reste sans en être tout à fait protégés... 

Il est beaucoup question de musique dans ce roman, et on sent l'intention d'Anna Enquist de faire partager cette corde qui vibre, enchante et apaise. Car s'il est question d'art, il est aussi question de douleur. L'écrivaine a perdu sa fille accidentellement en 2001. Le même genre de drame émerge dans ces pages où chaque personnage est en quête d'équilibre, de sérénité, d'une île, au large de l'espoir. 

***1/2

Quatuor, Anna Enquist, Actes Sud, 304 pages