Marianne, une infirmière solitaire, croise Éléonore, un jour en sortant du travail. C'est le coup de foudre. À sens unique.

Jean-François Villeneuve LA PRESSE

Tout au long de ce court récit, la rencontre de ces deux femmes se dessine, s'épanouit, mais à travers le seul prisme de Marianne, tandis que sa «meilleure amie» l'évite continuellement.

L'héroïne d'Andrée A. Gratton, dans sa relation dysfonctionnelle, devient à la fois dépendante émotionnelle et pourvoyeuse pour Éléonore, allant jusqu'à vivre comme un fantôme dans son appartement, alors que celle-ci vaque à ses occupations.

Oublions le fait que la protagoniste est envahissante et que son désir de plaire à Éléonore est tel qu'elle en vient à s'imaginer la copier en tous points. Car Marianne pourrait être une véritable meilleure amie débordante d'énergie positive.

Là est toute la qualité de cet ouvrage qui se lit en un après-midi, rempli d'émotions sincères pourtant tenues en laisse par l'auteure, où l'on espère cette possibilité qu'existe finalement la relation impossible et tant désirée.

On remarque toutefois, sans vouloir y croire, que le verni ensoleillé du récit cache une sombre chute dans la tristesse et l'abandon, qui échappe sans cesse à la bonté toute naïve de Marianne.

* * * 1/2

Choisir Éléonore. Andrée A. Gratton. Pleine lune, 76 pages.