Depuis le XIIe siècle, Aliénor d'Aquitaine a inspiré moult chansons, légendes, poèmes, romans, essais, etc. À tort ou à raison, le nom de celle qui fut reine de France à 13 ans est associé à l'amour courtois, aux troubadours, aux croisades - et moins aux massacres qu'elle a provoqués...

Marie-Christine Blais LA PRESSE

S'appuyant sur ce qu'on sait vraiment du premier mariage d'Aliénor, avec le roi Louis VII, qui dura 15 ans, et comblant les vides avec des éléments psychologiques contemporains (le malentendu conjugal, l'inversion des rôles traditionnels féminin et masculin...), Clara Dupont-Monod a écrit un roman à deux voix: celle de la jeune reine impétueuse et guerrière et celle du roi Louis, dont les élans spirituels vont se heurter à la passion que lui inspire sa femme.

Deux soliloques, deux solitudes. Par moments, le roman réussit effectivement à donner une idée de ce qu'a pu être la vie de la jeune femme - la plume de Dupont-Monod est particulièrement efficace dans les scènes les plus sanglantes, les hécatombes jalonnant la vie des deux époux royaux! Mais finalement, c'est surtout la personnalité de Louis VII, son évolution dramatique, ses dilemmes et son sentiment d'inadéquation, qu'on retiendra, et non Aliénor.

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Le roi disait que j'étais diable, Clara Dupont-Monod. Grasset, 240 pages