Tout est dans le sous-titre de ce recueil de nouvelles: «33 histoires délicieusement amorales». Amorales, elles le sont... en diable.

Marie-Christine Blais LA PRESSE

À 88 ans bien sonnés, Andrea Camilleri en a assez vu pour savoir que les bons sont souvent punis, les méchants, parfois sauvés, que certains choix sensés mènent au désastre et certaines erreurs, au bonheur: bref, on ne choisit rien de ce qui nous arrive, quoi qu'il arrive; il n'y a pas de logique, pas de justice.

Mettant en vedette un tueur à gages, une secrétaire modèle, une amoureuse toujours en retard, etc., les 33 brefs textes sont autant de démonstrations brutales de cette cruelle réalité.

Le hic, c'est que ces nouvelles ne sont pas «délicieusement» amorales, mais bien «sèchement», la plume de Camilleri étant brusque, un brin recto tono -ou est-ce parce qu'il y en a 33 de suite?

On s'ennuie des pointes de sarcasme, d'autodérision et de poésie qui font la marque de Camilleri dans ses enquêtes du commissaire sicilien Salvo Montalbano.

Justement, la première des enquêtes écrites à quatre mains par Camilleri et Carlo Lucarelli [Meurtre aux poissons rouges] sort en format poche...

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Le diable très certainement. Andrea Camilleri. Fleuve Noir, 222 pages.