Inspiré par des personnages véridiques et un fait historique, ce roman nous entraîne dans le Londres d'après-guerre.

Andrée LeBel LA PRESSE

Ruth Ellis a été la dernière femme à mourir sur l'échafaud en Angleterre. La prostituée de 28 ans, condamnée pour le meurtre de son amant, a été pendue en 1955. Agressée par son père, bafouée et battue par les hommes qu'elle aimait, Ruth Ellis a surtout été une victime. En parallèle, la vie du bourreau Albert Pierrepoint est bien tranquille. Entre les exécutions, l'homme est gérant de pub; c'est un mari attentionné et un bon citoyen. Les chapitres concernant le bourreau sont écrits à la première personne; ceux qui racontent la vie de Ruth Ellis empruntent plutôt la troisième personne. Véritable conteur, Decoin crée un climat qui enveloppe et retient le lecteur jusqu'à la dernière page. Et ce, même si l'issue de la rencontre entre la condamnée et le bourreau ne fait pas de doute. Il y a des passages remarquables sur l'élégance du bourreau et la précision avec laquelle il détermine la bonne longueur de la corde. Le roman à saveur historique est aussi un plaidoyer contre la peine de mort et une peinture tout en nuances des moeurs dans la capitale britannique.

La pendue de Londres, Didier Decoin, Grasset, 336 pages, ***1/2