Ce récit d'une domestique anglaise a fait sensation lors de sa publication, en 1968, et aurait inspiré les téléséries Maîtres et valets et Downton Abbey.

Marie-Claude Girard LA PRESSE

Profitant de l'engouement, Payot réédite en français ce charmant bouquin. Dans une langue familière, vivante et souvent drôle, Margaret Powell raconte ses débuts de fille de cuisine puis de cuisinière. On s'étonne des exigences de certains patrons, comme le repassage quotidien des lacets ou l'obligation de remettre une lettre sur un plateau d'argent, et jamais - Dieu du ciel! - en mains propres.

L'époque qu'elle décrit, à partir du début des années 20, est en mutation. Les rapports sociaux et le sort des domestiques vont bientôt connaître des changements. En attendant, la jeune Margaret ne rêve que d'une chose: trouver un mari pour échapper à sa condition. Elle y parviendra.

Cette dame attachante et fière, qui n'avait pu devenir institutrice faute d'argent, obtiendra son bac à l'aube de la soixantaine. Son témoignage rempli d'anecdotes déboulonne joyeusement toute idée romantique sur la domesticité. Une très agréable lecture d'été à laquelle on pardonne aisément quelques redondances et une fin un peu courte.

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Les tribulations d'une cuisinière anglaise, Margaret Powell, Payot, 250 pages.