Inutile de se raconter des fables: tout recueil de nouvelles, quel que soit le talent de l'auteur qui en garnit les pages, présente des inégalités au fil des récits.

Sylvain Sarrazin LA PRESSE

Le sympathique ouvrage de François Jobin - qui s'est donné pour fil conducteur le thème du mensonge, décliné sous des formes diverses - n'échappe pas à la règle.

Sur le plateau, plusieurs morceaux de choix, souvent modelés à partir d'ingrédients hétéroclites: souvenirs d'enfance (L'amateur, Le dieu des poulets), humour décapant (Écarlate, L'escorte), émotion poignante (La fin du monde).

D'une nouvelle à l'autre, la manivelle du mensonge se met alors à tourner, et on fabule, on dupe, on omet. On ment à tout le monde, y compris à soi-même, au nom de l'amour ou de la mort.

En revanche, le lecteur pourrait avoir la sensation de rester sur sa faim, certaines chutes semblant pécher par manque d'impact - parce que trop prévisibles?

Aussi, la qualité narrative qui, elle, fait preuve de constance de la première à la dernière ligne, vole parfois au secours de trames parfois un tantinet simplistes. Mais nul doute que chacun, dans ces neuf histoires, verra scintiller la tromperie dans laquelle il s'est déjà complu... ou se complaît encore.

* * * 

Mensonges et autres tromperies, François Jobin, La courte échelle, 144 pages.