Gary Victor nous a plus habitués à ses polars et ses nouvelles étranges qu'au récit introspectif. Mais l'écrivain est tout aussi sombre, sinon plus, dans ce roman initiatique qu'est Maudite éducation, en lice pour le Médicis.

Chantal Guy LA PRESSE

Le jeune Carl Vausier y apprend à la dure les fameuses «choses de la vie». Tyrannisé par des désirs sexuels qu'il assouvit dans les bas-fonds de Port-au-Prince avec des prostitués, ou par des masturbations pleines de culpabilité dans la bibliothèque paternelle, il réserve son amour à une correspondante, «Coeur Qui Saigne», à laquelle il voue un véritable culte, et sa passion pour l'écriture n'est pas sans lien avec cet amour.

Il la pourchassera sans cesse, au mépris du danger dans cet Haïti sous dictature, ce qui n'augure rien de bon.

Folies amoureuse, érotique et politique s'entremêlent jusqu'à l'horreur dans un pays sans pitié pour les rêveurs sensibles tels que Carl Vausier, qui deviendra un homme de la plus cruelle manière.

Quel autre résultat peut-on avoir d'une éducation aussi maudite sinon qu'un coeur détruit?

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Maudite éducation. Gary Victor. Mémoires d'encrier. 291 pages.