Après Cachemire (2004) et Tsiganes (2007), Mario Bolduc nous entraîne à nouveau sur les traces de Max O'Brien, son sympathique escroc globe-trotter dans La nuit des albinos, un thriller solide et passionnant dont l'action se passe principalement en Tanzanie.

Publié le 28 sept. 2012
Norbert Spehner, collaboration spéciale LA PRESSE

Quand son ancienne flamme, l'avocate Valéria Michieka, et sa fille Sophie sont sauvagement assassinées, Max décide de traquer les coupables. Son enquête l'entraîne au coeur d'un épouvantable trafic d'organes qui sévit dans une grande partie de l'Afrique et qui concerne les albinos, ces Noirs à la peau blanche auxquels on prête des pouvoirs surnaturels.

Comme le font nombre d'auteurs dont les polars ont pour scène de crime l'Afrique subsaharienne (Deon Meyer, Margie Orford, Michael Stanley, etc.), Bolduc dépeint un continent déchiré où la modernité et les espoirs de progrès se heurtent, souvent de manière très violente, aux forces de la tradition, à l'obscurantisme de sorciers et de guérisseurs tout-puissants qui n'hésitent pas à recourir aux enlèvements, aux mutilations afin de récupérer membres et organes qui deviendront autant d'amulettes négociées à prix d'or.

Solidement documenté, avec des personnages crédibles, une intrigue ingénieuse, un cadre exotique, à la fois séduisant et terrifiant, ce troisième polar de Bolduc est une autre belle réussite de ce maître du thriller québécois qu'on aimerait lire plus souvent.

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La nuit des albinos. Mario Bolduc. Libre Expression, 416 pages.