La fête du livre québécois a cinq ans

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Si le public s'est approprié l'événement « Le 12 août, j'achète un livre québécois », c'est aussi parce que des libraires en ont fait une véritable fête.

Photo Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse

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Ugo Giguère
La Presse Canadienne

Parti d'une simple invitation lancée par deux auteurs souhaitant insuffler un peu de vie dans le marché du bouquin, le mouvement « Le 12 août, j'achète un livre québécois » fête cette année ses cinq ans. Une initiative spontanée devenue « virale » dans le jargon virtuel, puis véritable tradition dans le monde réel dont le secteur de l'édition ne pourrait plus se passer.

Patrice Cazeault, auteur de la série Averia et d'une autre série à venir Western Fantasy, a cocréé l'événement avec l'auteure Amélie Dubé à qui l'on doit la série Sur les terres de Kianah.

Loin de se douter que leur premier appel à la mobilisation prendrait autant d'ampleur, le duo espérait tout de même avoir un impact sur le marché du livre et pas seulement le temps d'une journée.

« Le 12 août, c'est une journée, mais on veut que ça ait un effet sur toute l'année. Il y a cinq ans on allait dans les librairies et on cherchait les livres québécois, là, à longueur d'année ils sont mis en valeur », observe Patrice Cazeault.

Selon lui, l'habitude perdure depuis cinq ans tout simplement « parce que c'était une très bonne idée »!

Toutefois, si le mouvement ne s'est pas essoufflé comme bien d'autres initiatives éphémères dopées par les médias sociaux, c'est justement parce qu'il s'est détaché du virtuel pour s'ancrer dans le réel.

« La page sur Facebook a de moins en moins de clics, alors que l'événement a de plus en plus de succès, c'est carrément devenu une tradition », souligne celui qui gère encore la page de l'événement avec son amie Amélie.

« On investit beaucoup de temps et d'énergie, mais aucun sou. On ne reçoit pas de subventions ou d'aide de qui que ce soit. Amélie et moi, on fait appel à une illustratrice, on lance l'événement et tout déboule de lui-même parce que les gens se sont approprié l'événement », raconte l'auteur qui passera son dimanche à faire la tournée des librairies de Granby, où il habite, avec sa conjointe et son fils.

La fête des libraires

Si le public s'est approprié l'événement, c'est aussi parce que des libraires en ont fait une véritable fête.

Mélanie Langlois est propriétaire de la Librairie Liber à New Richmond, en Gaspésie. Pour elle, comme pour bon nombre de ses collègues à travers la province, le 12 août est devenu une sorte de Noël du libraire.

« Financièrement, c'est très intéressant pour toute la chaîne du livre, mais ce qui nous stimule le plus, c'est la frénésie! Ça fait des semaines qu'on est énervés. C'est ce côté-là qui ressemble à Noël. Les gens passent plus de temps en librairie, ils flânent, il y a des discussions qui s'installent... C'est ça qui nous manquerait s'il fallait que ça disparaisse », décrit celle qui ouvrira sa boutique exceptionnellement un dimanche.

Pour Mélanie Langlois, qui alimente le blogue Carnet d'une libraire, c'est aussi une occasion en or de pratiquer véritablement son métier. « Cette journée-là, ce qui est tripant, c'est que les gens ont envie d'encourager la littérature québécoise et ils arrivent sans avoir en tête un titre précis. Ils veulent découvrir et on les aide à le faire. On est vraiment comblé », partage-t-elle.

Un mouvement lucratif

Gaspard, le système d'information sur les ventes de livres au Québec, a produit un rapport l'an dernier pour mesurer les retombées du « 12 août ».

Les conclusions sont spectaculaires, alors que les ventes totales de livres ont augmenté de 175 pour cent par rapport à une journée normale de la période estivale.

En ce qui concerne les livres québécois en particulier, les ventes ont explosé de 398 pour cent!

Mélanie Langlois confirme que les recettes sont au rendez-vous. « Le chiffre d'affaires double cette journée-là, reconnaît-elle. Mais c'est d'abord une fête et ça commence même avant le 12 août. On entend les gens dire, c'est mon pré-12 août parce que je ne pourrai pas être là... »

Cinq ans plus tard, ce mouvement spontané né par la force de mobilisation des médias sociaux laisse croire qu'on peut encore faire croître la beauté sur ces plateformes où l'on dénonce l'intimidation et la prolifération de la désinformation.

« Je suis d'accord avec cette idée-là. On fait un effort conscient pour miser sur le geste simple et positif d'acheter un livre québécois, insiste Patrice Cazeault. Au début, on a essayé de nous emmener dans toutes sortes de débats sur le prix du livre, les librairies contre les grandes surfaces, les livres franco-ontariens... On évacue tout ça. Je pense que c'est comme ça qu'on arrive à avoir un événement pour lequel on ne peut pas être contre. »




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