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Rentrée littéraire: les personnages réels au service de la fiction

Dans Charlotte (Gallimard), long chant narratif en vers... (Photo: Robert Skinner, archives La Presse)

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Dans Charlotte (Gallimard), long chant narratif en vers libres, David Foenkinos (notre photo), lui, rend un magnifique hommage à la jeune artiste Charlotte Salomon, assassinée à Auschwitz en 1943, dont il découvrit avec fascination, soixante ans plus tard, les tableaux dans une exposition à Berlin.

Photo: Robert Skinner, archives La Presse

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Myriam Chaplain-Riou
Agence France-Presse
Paris

Prendre une célébrité et la plonger dans un bain de fiction: la recette a déjà fait ses preuves mais les auteurs phares de la rentrée, de Frédéric Beigbeder à Christophe Donner ou David Foenkinos, s'emparent plus que jamais de personnages réels pour nourrir leurs romans.

Ces fictions biographiques, qui évoquent écrivains, cinéastes, artistes, boxeur, violoniste ou footballeur, ne sont pas de simples «biopics». Les auteurs projettent leur imaginaire sur ces héros réels et se mettent eux-mêmes en scène.

Ainsi, le médiatique Frédéric Beigbeder explique dans Oona & Salinger (Grasset) comment il renonça en 2007 à rencontrer l'auteur de L'attrape-coeurs, son idole, avant de raconter l'idylle contrariée du jeune J. D. Salinger et d'Oona O'Neill, fille du Nobel Eugene O'Neill et future Mrs. Charlie Chaplin. On y croise aussi Hemingway, Truman Capote... Il imagine les lettres du soldat Salinger à Oona, de 1942 à 1944, et livre de puissantes pages de guerre et d'amour.

Dans Charlotte (Gallimard), long chant narratif en vers libres, David Foenkinos, lui, rend un magnifique hommage à la jeune artiste Charlotte Salomon, assassinée à Auschwitz en 1943, dont il découvrit avec fascination, soixante ans plus tard, les tableaux dans une exposition à Berlin.

Philippe Bordas invoque pour sa part Zinédine Zidane dans Chant furieux (Gallimard). Le narrateur, Mémos, photographe, doit suivre le champion jour et nuit pendant trois mois pour réaliser un livre. Une connivence immédiate naît entre les deux hommes. L'auteur, qui réconcilie langue érudite et langue des banlieues, a lui-même été le photographe de MC Solar auquel il a consacré un ouvrage.

Coutumier de l'exploitation romanesque de figures historiques, Patrick Deville, prix Femina 2012 pour Peste et choléra, nous entraîne cette fois au Mexique, à la fin des années 30, avec Viva (Seuil), sur les pas de Léon Trotski et de l'écrivain volcanique Malcom Lowry.

Vies de cinéma

Dans Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive (Grasset), phrase attribuée à Orson Welles, Christophe Donner fait revivre le flamboyant producteur de cinéma Jean-Pierre Rassam, fils de la haute bourgeoisie chrétienne libanaise qui mourra à 44 ans, au terme d'une existence menée à cent à l'heure. Autour de lui et au coeur du roman, deux autres figures du cinéma, Claude Berri et Maurice Pialat. Ces trois meilleurs amis deviendront des beaux-frères ennemis. La soeur de Rassam épouse Berri dont la soeur vit avec Pialat. Des vies de cinéma...

Le jeune Adrien Bosc explore dans un ambitieux premier roman, Constellation (Stock), l'enchaînement de hasards qui aboutit à la mort de 48 personnes le 27 octobre 1947 aux Açores dans un accident d'avion devenu légendaire. Parmi les victimes, Marcel Cerdan, l'amant boxeur d'Édith Piaf, la violoniste prodige Ginette Neveu et 35 autres passagers dont il retrace les destins.

Entre violence et légèreté, Lydie Salvayre, fille de réfugiés espagnols, entrelace dans Pas pleurer (Seuil) la voix de l'écrivain Georges Bernanos, témoin révolté de la guerre civile espagnole, et celle de Montse, sa mère, qui se souvient seulement, au soir de sa vie, des jours radieux de l'insurrection libertaire de l'été 1936.

Les lecteurs découvriront aussi parmi les 607 romans français et étrangers publiés en France en cette rentrée le superbe livre d'Éric Reinhardt, L'Amour et les Forêts (Gallimard), qui met en scène une Emma Bovary moderne, otage de la violence conjugale. Il s'inspire pour ce récit poignant d'émancipation féminine du récit d'une voyageuse que le hasard a placé sur sa route.

Quant à Emmanuel Carrère, il raconte dans Le royaume (P.O.L) les débuts de la chrétienté, mêlant exégèses savantes, humour facétieux, méditation et souvenirs intimes, dont ses trois années de chrétien fervent. Une époustouflante fresque-enquête de 640 pages où il convoque les vies de Paul et Luc pour comprendre comment a pu s'écrire un évangile.

Dans Autour du monde (Minuit), Laurent Mauvignier part d'une tragédie réelle: Fukushima. L'auteur y entrecroise des histoires individuelles et montre comment le destin de chacun est régi par des forces bien plus puissantes que lui.




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