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Trois chick filles aux Correspondances d'Eastman

Rafaële Germain, auteure de trois romans de chick... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Rafaële Germain, auteure de trois romans de chick lit.

Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

Marie-Christine Blais
La Presse

Le festival littéraire estival Les Correspondances d'Eastman a toujours fait une place à la littérature dite «populaire»: les festivaliers y deviennent épistoliers le temps d'écrire une lettre, un concours d'auteurs amateurs est cette année présidé par l'auteur à succès Marc Lévy... Vendredi, c'est la chick lit qui aura droit aux honneurs à Eastman, au cours d'un café littéraire avec les auteures Rafaële Germain, Amélie Dubois et Nathalie Roy.

Au moment de ces entrevues, Amélie Dubois était au Honduras pour faire de la plongée sous-marine, Nathalie Roy, dans la vallée de l'Okanagan afin de décrocher avant de se remettre à l'écriture, alors que Rafaële Germain travaillait, à Laval, à la scénarisation de son premier roman, en compagnie de sa fille de 2 ans! Très différentes l'une de l'autre, les trois invitées du café littéraire «Chic, la chick lit!» présenté vendredi aux Correspondances d'Eastman sont pourtant trois piliers de ce courant littéraire extrêmement populaire: par ici, 50, 60, 100 000 exemplaires vendus de Soutien-gorge et veston noir, de Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique! et de La vie épicée de Charlotte Lavigne. Ici et en Europe, qui plus est. Or, qui dit succès commercial dit souvent mépris de la communauté artistique...

Rafaële Germain

«Moi la première, en 2004, je pensais que la chick lit était un sous-genre», dit Rafaële Germain. À l'époque, après des études en littérature et quelques emplois comme recherchiste (notamment à La fin du monde est à sept heures), elle tenait une chronique dans La Presse, intitulée «Je t'aime moi non plus». «Un éditeur, André Bastien, m'a contactée pour me proposer d'écrire un roman, poursuit-elle. Oui, mais quoi? Il n'a jamais mentionné l'expression chick lit, il m'a simplement dit: «Essaie d'écrire sur un sujet que tu connais: les affaires du coeur.» Et quand j'ai finalement essayé, j'ai vraiment eu du plaisir. C'était agréable à fréquenter, cet univers. Et c'est le fun à lire, ça a l'air...» En effet: chacun de ses trois romans de chick lit s'est vendu aux environs de 100 000 exemplaires! «Mais j'en ai fait le tour, estime l'auteure de 38 ans. Je n'en écrirai sans doute plus, j'ai envie d'essayer autre chose...»

Amélie Dubois, auteure d'une série intitulée Chick lit.... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse) - image 2.0

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Amélie Dubois, auteure d'une série intitulée Chick lit.

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

Amélie Dubois

Tant Amélie Dubois que Nathalie Roy considèrent Rafaële Germain comme celle qui a ouvert la voie à la chick lit «made in Québec». Car il y a bel et bien un type de chick lit québécois: «On a réussi à dépasser la formule «jeune trentenaire célibataire plutôt aisée», estime Amélie Dubois. On a des héroïnes jeunes ou vieilles, qui travaillent ailleurs que dans les médias, qui ont des enfants. Et surtout, on a un humour bien à nous.»

En 2009, parce qu'elle s'ennuyait à mourir de ses amies de filles pendant un contrat d'enseignement en Gaspésie, Amélie a écrit le premier des six tomes de sa série intitulée carrément Chicklit. («C'était une idée de l'éditeur.») La jeune psycho-criminologue de formation a fait un tabac et gagne désormais sa vie avec sa plume. «Au départ, c'est vrai, je faisais plutôt dans l'autofiction - les histoires étaient inspirées de ma vie et de mes amies. Mais ce que j'écris, désormais, ce n'est plus de la comédie romantique, c'est de la comédie, point.» Et dans le genre, elle excelle: impossible de ne pas rire aux éclats en lisant Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique! et Ce qui se passe au congrès reste au congrès!, qui mettent «en vedette» trois profs d'une polyvalente de Gatineau.

Le troisième tome des mésaventures de Vicky, Katia et Caroline est prévu pour cet automne. Amélie Dubois lancera également un roman dont l'héroïne est une quarantenaire avec deux enfants! Son titre? Le gazon... toujours plus vert chez le voisin?

Nathalie Roy, auteure de la série La vie... (Photo: Sarah Scott, fournie par Communications Patricia Lamy) - image 3.0

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Nathalie Roy, auteure de la série La vie épicée de Charlotte Lavigne.

Photo: Sarah Scott, fournie par Communications Patricia Lamy

Nathalie Roy

Journaliste pendant 25 ans, Nathalie Roy se documente toujours à fond pour ses romans «légers»: «J'ai été très heureuse comme journaliste couvrant les faits divers et faisant des enquêtes, dit-elle. Mais là, j'ai l'impression que je donne du bonheur, c'est autre chose!»

«Je rencontre des lectrices à qui mes livres ont fait du bien, explique-t-elle. Dans nos vies parfois compliquées, ce genre de littérature est un petit moment pour soi, et c'est précieux. Et on oublie toujours de dire que ces livres abordent aussi des sujets plus graves comme la maladie ou les amitiés toxiques, qu'ils font découvrir et aimer la lecture à des filles qui ne lisaient pas avant», dit celle qui tient aussi une chronique dans Le Journal de Montréal.

«Je ne dis pas que j'écrirai toujours dans ce style, reprend Nathalie Roy, mais c'est celui qui s'est imposé à moi quand j'ai commencé en 2011: je me suis inspirée de tout ce que j'ai vécu, des gens qui m'entourent.» Ainsi, l'héroïne de sa série La vie épicée de Charlotte Lavigne (en 4 tomes, vendus également en France, en Pologne et en Suisse) est une recherchiste télé talentueuse et une foodie: «Il est très important pour moi que toutes mes héroïnes soient fortes professionnellement; ce sont des filles hyper passionnées, intègres et qui veulent séduire.»

Après l'écriture du dernier tome de La vie épicée (dans lequel Charlotte est devenue heureuse tant au travail que dans sa vie privée), Nathalie Roy a entrepris une nouvelle série: La vie sucrée de Juliette Gagnon. Juliette est une photographe de talent, amateure de technologies... et fille de Charlotte Lavigne! «J'avoue que c'est en partie inspiré de ma belle-fille, qui est dans la vingtaine, dit Nathalie Roy avec un beau rire. Ce sont mes lectrices qui m'y ont encouragée.» Publiant un tome tous les six mois, l'auteure entreprendra l'écriture du tome 3 de La vie sucrée en août, après Les Correspondances d'Eastman. «Et pour moi, c'est vraiment un grand honneur d'y être invitée.»

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Café littéraire «Chic, la chick lit!», vendredi, aux Correspondances d'Eastman, animé par Dominic Tardif. Info: lescorrespondances.ca ou, sur Facebook, lescorrespondancesdeastman

Chick lit, une définition

Inspirée de l'expression chick flick (film à l'intention du public féminin), la chick lit désigne un genre littéraire qui s'adresse essentiellement - et avec plaisir - aux femmes. C'est particulièrement à compter de 1996 et 1997, avec la sortie de Bridget Jones's Diary (Le journal de Bridget Jones) d'Helen Fielding, puis du recueil de chroniques Sex and the City de Candace Bushnell, que ce style littéraire a pris véritablement son envol. En 2000, The Secret Dreamworld of a Shopaholic de Sophie Kinsella allait populariser le genre... et les pâles imitations!

Les romans à l'intention d'un public de lectrices existent évidemment depuis bien plus longtemps. Qu'on songe seulement à la série des Brigitte de Berthe Bernage dans les années 30, à la série des Sylvie de René Philippe dans les années 60-70... ou, dans le genre roman à l'eau de rose, aux nombreux romans d'amour de Delly (qui était en fait un frère et une soeur!) publiés dans la première partie du XXe siècle, à ceux de Barbara Cartland et de Daphne du Maurier, sans oublier les milliers de titres publiés par Harlequin depuis 1949!

La différence avec la chick lit? Les héroïnes comptaient toutes se marier (et finissaient par le faire), voulaient une famille (et en fondaient généralement une), n'avaient pas de carrière et pas non plus d'«amies de filles»!

Qu'on la baptise en français «littérature aigre-douce» (une proposition étonnante de l'Office de la langue française...) ou «littérature bonbon», la chick lit a beaucoup évolué en 20 ans. On est désormais loin des mésaventures de «célibataires dans la vingtaine-trentaine en quête d'amour et de souliers chic, travaillant dans le milieu des communications» (ce dernier point tenant au fait que les premières écrivaines du genre étaient souvent des journalistes de métier).




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