L'auteure à succès Chrystine Brouillet publiera dès le 27 novembre son nouveau roman, Louise est de retour, en 15 feuilletons numériques qui prendront fin avec la publication du livre imprimé, aux éditions de l'Homme, à la fin de février 2014.

Mis à jour le 19 nov. 2013
Mario Cloutier LA PRESSE

Pas de panique dans l'édition numérique, cependant, les feuilletons seront vendus dans toutes les librairies numériques à raison d'un feuilleton par semaine pendant 15 semaines. De plus, les deux premiers épisodes seront offerts gratuitement.

À l'heure où subsistent des braises au débat à propos des activités numériques d'auteures comme Marie Laberge et Arlette Cousture, le directeur des éditions de l'Homme, Pierre Bourdon, souligne qu'il s'agit d'«essayer quelque chose de nouveau en édition, sans chercher à passer outre l'un ou l'autre des éléments de la chaîne du livre».

«Le mot d'ordre, explique l'éditeur, reste l'équilibre du marché du livre. Le droit de lire ce qu'on veut est sacré. Il y a de la place, dans ce contexte, pour les grands et les petits éditeurs et les livres doivent être disponibles dans le plus d'endroits possible.»

Les éditions de l'Homme publient très peu de romans, mais ce nouveau livre de Chrystine Brouillet, qui se trouve actuellement en France, fait figure d'exception. Le projet des éditions de l'Homme a été mis sur les rails à l'été dernier. Louise est de retour est en fait une suite au tout premier roman de Chrystine Brouillet, Chère voisine, publié aux éditions de l'Homme il y a 30 ans. Le livre avait valu à l'écrivaine le prix Robert-Cliche à l'époque.

«Chrystine est à La courte échelle, mais elle voulait faire quelque chose de spécial pour souligner l'événement, ajoute M. Bourdon. Elle a pensé au numérique et nous étions contents que cela se fasse chez nous.»

Libraires

À l'Association des libraires du Québec, la directrice Katherine Fafard n'y voit donc rien qui irait à l'encontre de la position de son regroupement.

«Dans le présent débat, dit-elle, on a confondu beaucoup de choses, malheureusement. Les libraires ne sont pas contre le numérique. Mais nous sommes contre le fait d'être exclus de la vente de certains livres, offerts sur certaines plateformes comme la tablette d'Apple, par exemple. Ce qui n'est pas le cas du livre de Mme Brouillet, de toute évidence.»

Arlette Cousture a décidé de vendre son prochain recueil de nouvelles sur son site web par l'entremise d'un compte PayPal, tandis que Marie Laberge vendra ses 10 premiers romans sur iBooks d'Apple en vertu d'une entente avec la maison d'édition de la romancière.

Dans le contexte, l'une des solutions, rappelle Mme Fafard, passe par le prix réglementé du livre. Les libraires espèrent entendre de bonnes nouvelles bientôt de la bouche du ministre de la Culture, Maka Kotto. Il doit prendre la parole à l'ouverture du Salon du livre de Montréal demain.