Le prix Nobel de Littérature 2012, Mo Yan, s'est défendu des critiques qui le disent trop proche du gouvernement chinois, réaffirmant dans une entrevue à la presse allemande qu'il n'écrivait pas pour le compte du Parti communiste au pouvoir.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«J'ai déjà insisté plusieurs fois sur le fait que j'écris au nom du peuple chinois, et pas du parti», a-t-il déclaré dans une interview accordée à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, soulignant ensuite son mépris pour les hommes corrompus.

Yan a été récompensé du Nobel en octobre dernier pour son «réalisme hallucinant» et s'est attiré les louanges des critiques littéraires.

Vice-président de l'Association des écrivains chinois, une organisation officielle, et membre du Parti communiste, Mo Yan s'est vu reprocher par les dissidents chinois d'être un faire-valoir du régime.

De son vrai nom Guan Moye, Mo Yan s'en est pris à l'auteur dissident Liao Yiwu, qui l'avait accusé d'être un «poète d'État».

«Je sais qu'il m'envie pour cette récompense et je peux le comprendre. Mais ses critiques sont injustes», a-t-il affirmé. «Mes opinions politiques sont claires. Il suffit de lire mes livres».

Mo Yan, a également rejeté la condamnation par l'artiste dissident Ai Weiwei de sa récente victoire aux Nobels.

«Quel intellectuel peut prétendre représenter la Chine? Je ne le ferai pas. Ai Weiwei peut-il le faire?» a-t-il demandé. «Ceux qui représentent vraiment la Chine creusent la terre et construisent des routes de leurs mains nues».

Souvent comparé au «réalisme magique» de l'auteur colombien Gabriel Garcia Marquez, Nobel de littérature 1982, les romans complexes, voire déroutants pour les lecteurs étrangers de Mo Yan, dépeignent crûment l'histoire tumultueuse de son pays depuis un siècle.

Dans un récent ouvrage intitulé Grenouilles, l'écrivain évoque d'une plume acerbe la politique de contrôle des naissances en Chine, sujet qui demeure sensible sans être tabou.

L'écrivain a également répété espérer la remise en liberté «aussi vite que possible» du dissident et prix Nobel de la paix 2010 Liu Xiaobo, qui purge depuis 2009 une peine de 11 ans de réclusion pour «subversion» après avoir co-rédigé un texte en faveur de l'instauration de la démocratie.