La dépouille du Nobel de Littérature 1998, l'écrivain José Saramago, qui s'est éteint vendredi à 87 ans sur l'île espagnole de Lanzarote, s'est envolée samedi matin vers le Portugal à bord d'un avion militaire portugais, a constaté l'AFP.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Peu avant, le cercueil avait été accueilli à l'aéroport sous les applaudissements d'un petit groupe de proches, parmi lesquels la veuve de l'écrivain, Pilar del Rio, laquelle a pris place à bord de l'avion militaire en compagnie de la ministre portugaise de la culture, Gabriela Canavilhas. La dépouille de Saramago devait atterrir à Lisbonne vers la mi-journée, avant d'être exposée dans une chapelle ardente à la mairie, jusqu'à son incinération prévue dimanche à la mi-journée.

Ses cendres devraient ensuite être dispersées dans son village natal portugais Azinhaga et sur l'île canarienne de Lanzarote où il a vécu les 17 dernières années de sa vie, dans le village de Tias, a indiqué samedi à l'AFP Pilar del Rio.

L'auteur de Le Dieu Manchot, L'Évangile selon Jésus-Christ ou Le Radeau de Pierre est «parti d'une façon sereine et tranquille, entouré de sa famille, des suites d'une défaillance organique multiple, après une longue maladie», avait annoncé vendredi sa Fondation.

Ardent défenseur des déshérités et des opprimés, adversaire virulent de l'ancien président américain George W. Bush, Saramago avait fait siennes les causes saharaouie et surtout palestinienne, allant jusqu'à comparer Ramallah à Auschwitz lors d'une visite en 2002 en Cisjordanie.

En rupture avec son pays après le scandale provoqué en 1992 dans les milieux catholiques par son «Évangile», qui dépeignait Jésus perdant sa virginité avec Marie-Madeleine, Saramago s'était «exilé» l'année suivante aux Canaries en compagnie de sa deuxième épouse, Pilar del Rio.

Réconcilié depuis avec ce fils toujours rebelle, le Portugal a décrété deux jours de deuil national, samedi et dimanche, pour rendre hommage au seul écrivain du pays à avoir reçu le prix Nobel, en 1998.

En Espagne, le chef de gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a rendu hommage à un écrivain qui a souvent porté «la voix des plus faibles».