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Le bleu est une couleur chaude : avant La vie d'Adèle

Il s'est dit beaucoup de choses sur le film La vie d'Adèle- chapitres 1&2... (Image: tirée du livre Le bleu est une couleur chaude)

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Image: tirée du livre Le bleu est une couleur chaude

La Presse

Il s'est dit beaucoup de choses sur le film La vie d'Adèle - chapitres 1 & 2 depuis qu'il a remporté la Palme d'or à Cannes. Que c'était une grande histoire d'amour, que les actrices avaient fait corps avec le réalisateur, que les scènes de sexes sont sulfureuses... On a moins rappelé, toutefois, que ce film était adapté d'une fabuleuse bande dessinée au titre intrigant: Le bleu est une couleur chaude.

Avant la jeune Adèle du film d'Abdellatif Kechiche, il y a eu la Clémentine de la bédéiste Julie Maroh. Point commun entre les deux héroïnes: elles sont toutes deux tombées amoureuses d'Emma, la fille aux cheveux bleus par qui cette couleur froide devient le symbole d'un amour passionnel, à la fois libérateur et déchirant.

Le cinéaste palmé d'or à Cannes s'est en effet inspiré de Le bleu est une couleur chaude, superbe roman graphique paru en 2010, pour son dernier film. Ne le cherchez pas tout de suite en librairie: les stocks sont épuisés et les exemplaires commandés n'arriveront pas avant plusieurs jours ou même quelques semaines.

Le couronnement de La vie d'Adèle constitue un jalon supplémentaire dans le parcours déjà extraordinaire de l'oeuvre intimiste de Julie Maroh. Avant d'être remarquée à Cannes, cette histoire d'amour avait en effet été célébrée dans un autre festival, celui d'Angoulême: en janvier 2011, Le bleu est une couleur chaude y avait en effet remporté le prix du public.

«C'est le plus beau prix qui pouvait lui arriver et ça fait justement tellement du bien d'être entendue, primée, par... le public», avait écrit la bédéiste sur son blogue à l'époque. Ses remerciements n'avaient rien de symboliques: ce prix signifiait que son histoire de filles touchait un lectorat pas seulement homosexuel, ce qu'elle souhaitait depuis le début.

Le bleu est une couleur chaude est un récit fin, tendre et passionné mené par une jeune auteure déjà étonnante. Il faut du doigté et une grande intelligence du coeur pour raconter un amour naissant, qui plus est encore adolescent, sans verser dans le romantisme guimauve. Julie Maroh a réussi ce rare tour de force, tant au plan du texte que du dessin.

Ce qui contribue à donner de la couleur au récit, c'est bien sûr que cet amour ne va pas de soi pour la jeune Clémentine. Une fille, ce n'est pas supposé aimer les... filles. L'adolescente a donc tout un tsunami émotif à gérer: la découverte de son homosexualité, sa lutte contre elle-même, contre les préjugés, son jeu de séduction avec cette Emma qui l'intrigue, l'enflamme et la garde à distance.

Le bleu est une couleur chaude a inspiré... (Image: tirée du livre Le bleu est une couleur chaude) - image 2.0

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Le bleu est une couleur chaude a inspiré l'histoire du film La vie d'Adèle, qui a gagné la Palme d'or à Cannes.

Image: tirée du livre Le bleu est une couleur chaude

Vrai, mais pas autobiographique

L'angoisse auprès d'un téléphone obstinément silencieux, l'incertitude quant aux sentiments de l'Autre, les hauts et les bas de l'amour, tout ça est rendu avec vérité et une infinie tendresse par l'auteure, qui a déjà précisé qu'il ne s'agissait pas d'une oeuvre autobiographique. Ses planches, habilement composées, pour la plupart dominée par un gris délavé à l'aquarelle et parfois percées d'éclats de bleu, révèlent un trait immensément sensible.

Le bleu est une couleur chaude est une vraie splendeur: un récit proprement bouleversant - on ne s'en tire pas les yeux secs - sur la découverte de l'amour (surtout) et de la chair. Plutôt pudique, aussi, d'où peut-être la réaction de l'auteure devant les scènes d'amour torrides d'Abdellatif Kechiche. Sur son blogue, elle a en effet avoué avoir beaucoup de mal avec ce sexe lesbien qu'elle juge froid et peu crédible.

«Je ne vois pas le film comme une trahison. La notion de trahison dans le cadre de l'adaptation d'une oeuvre est à revoir, précise-t-elle dans ce même texte publié le 27 mai dernier. Car j'ai perdu le contrôle sur mon livre dès l'instant où je l'ai donné à lire. C'est un objet destiné à être manipulé, ressenti, interprété.» Ressenti, oui, voilà le mot juste.

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Le bleu est une couleur chaude. Julie Maroh. Glénat, 160 pages.




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