L’écrivain et géographe Jean Morisset s’est éteint jeudi à l’âge de 84 ans, alors que de nombreux témoignages de personnes l’ayant connu ou côtoyé lui rendent hommage depuis sur les réseaux sociaux.

Fils de navigateur, né en 1940 à Bellechasse-en-Canada, il a arpenté le continent du nord au sud, du Grand Nord à la Patagonie, en passant par le Guatemala, le Pérou, le Brésil, l’Alaska, Haïti, l’Amazonie ou encore le Pantanal, autant de voyages qui ont nourri sa réflexion sur l’identité et le destin des Amériques, de même que ses écrits.

Chez Mémoire d’encrier, il a fait paraître deux essais, Les chiens s’entre-dévorent… (2009) et Haïti délibérée (2011), ainsi que le recueil de poèmes Chant pour Haïti (2014).

« Il est décédé, hier, à l’hôpital juif, à la suite d’un cancer très rare », a déclaré Rodney Saint-Éloi, auteur et fondateur de Mémoire d’encrier.

Tout a commencé en Haïti à la fin de la dictature de Jean-Claude Duvalier en 1986 où je l’ai rencontré. Jean était un frère et un ami. Nous avons ce destin commun de la résistance. Le Québec existe grâce à des gens comme lui. Poète, géographe et graveur de mémoires, humain fondamental, il me parlait dans un de ses derniers mails de son enfance et de ce pays maritime “complètement ignoré et rendu invisible dans la fabrication du Québec des dernières décennies”. C’est lui qui m’a appris le Québec. C’est lui qui m’a donné à voir et à aimer le Québec.

Rodney Saint-Éloi, auteur et fondateur de Mémoire d’encrier

Jean Morisset a également publié chez Boréal l’essai Sur la piste du Canada errant, paru en 2018.

Avec Chloé Sainte-Marie, il a collaboré entre autres au livre-disque Maudit silence, paru à l’automne 2022. Il a par ailleurs contribué à plusieurs documentaires et produit le film Kiyoukta (réalisé par Aïda Maigre-Touchet), qui a reçu une mention spéciale aux 26Rendez-vous du cinéma québécois.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Jean Morisset et Chloé Sainte-Marie, à l’occasion de la sortie du livre-disque Maudit silence, en 2022