La prémisse de Riches et pauvres est très intrigante. Alternant entre les voix de deux personnages, le pianiste et le milliardaire, le livre oppose des visions du monde et des situations. Mais le plus récent de Jacob Wren n’est pas manichéen ni prévisible pour autant.

La première voix est celle d’un homme radicalisé, passé de virtuose du piano à plongeur dans un restaurant. Pour combattre les disparités économiques dans une société capitaliste, il prévoit tuer un milliardaire célèbre. Première étape de son plan d’en éliminer au moins 10. « Les pauvres doivent tuer les riches, un par un, chaque fois que l’occasion se présente. Un homme en tue un autre et le message est clair : votre richesse est cruelle et révoltante. »

La deuxième voix, c’est celle de sa proie. Un riche privilégié – mais aussi un transfuge de classe – qui incarne l’arrogance et l’indifférence des élites fortunées. « En tant que personne qui a passé l’essentiel de sa vie à chercher la manière de gagner le plus d’argent possible, je crois qu’il est profitable de s’associer étroitement à une activité où il est impossible de gagner le moindre sou. Ça nous coûte relativement peu, car les poètes n’ont pas besoin de grand-chose pour être heureux, et ça nous procure un peu de publicité. »

Le récit, que le changement de point de vue sert bien, explore les nuances des motivations humaines dans ce système injuste. Riches et pauvres nous entraîne dans un tourbillon d’émotions et de dilemmes moraux et nous confronte aux disparités sociales.

Une lecture captivante, où chaque page révèle de nouvelles couches de sens par rapport à la société contemporaine.

Riches et pauvres

Riches et pauvres

Le Quartanier

216 pages

7,5/10