Ce court livre a des allures d’ovni littéraire. Quelque part entre le poème en prose, le récit fragmenté et le manuel botanique, le tout saupoudré de réalisme magique, Ceci n’est pas un jardin est un interstice offrant un regard touchant sur la vie intérieure d’une jeune femme aux prises avec des pensées suicidaires invasives.

De retour chez elle après un voyage, elle trouve dans sa boîte aux lettres une enveloppe contenant des graines. Graines qui s’avèrent celles d’une plante envahissante, qui peu à peu prend toute la place dans son appartement, même si elle s’acharne à tout arracher, encore et encore.

Entre combativité, désespoir et fascination végétale, la présence de cette intruse fait bien sûr écho aux propres tourments intérieurs de la narratrice, alors qu’elle tente de conserver une apparence de normalité.

Et c’est là toute la beauté de cet objet iconoclaste, qui offre une métaphore tout en douceur, empreinte de justesse, sur les états dépressifs et la façon dont ils envahissent la vie des personnes qui les ressentent.

« Ma peine ne s’enfonce pas dans le sol, ses racines sont frêles. Elle est aérienne, contagieuse. De petites capsules contenant des millions de graines qui adhèrent à la peau, aux vêtements. »

Ceci n’est pas un jardin

Ceci n’est pas un jardin

La Mèche

140 pages

7/10