Bien qu’il couvre le hockey à La Presse, c’est une fiction dans le monde du baseball qu’il présente dans son premier roman, Une fille et une balle papillon. Rencontre sur le terrain de balle avec le journaliste et auteur Richard Labbé.

Publié le 11 juin
Véronique Larocque
Véronique Larocque La Presse

Si le collègue Richard Labbé a choisi le parc Roger-Rousseau, à Anjou, comme point de rencontre pour l’entrevue, c’est que l’endroit a nourri son imaginaire dans la création du roman qu’il vient de faire paraître aux éditions Hugo et Cie.

« Quand je suis déménagé ici, en 2018, mon plus jeune fils, William, a commencé à jouer au baseball presque tout le temps sur ce beau terrain », se souvient Richard Labbé.

« J’aimais ça, venir ici. Pour mon fils, bien sûr. Mais aussi pour les autres parents, qui étaient super le fun. Ses amis dans l’équipe également. L’ambiance était écœurante. »

Le terrain de baseball habitait tellement son esprit qu’il y retournait même dans ses rêves. « Un matin, je me suis levé et il me fallait vite un crayon et un morceau de papier », raconte Richard Labbé. Il venait de rêver à Molly, une fille qui lançait des balles dans un parc de quartier comme Roger-Rousseau.

« L’histoire m’est restée en tête pendant deux ou trois semaines », continue le journaliste.

Finalement, lors d’un voyage en Thaïlande avec sa famille, il prend le temps de coucher sur papier les bribes de ce qui allait devenir son premier roman.

Fan de baseball ?

On connaît la passion de Richard Labbé pour le hockey. Porte-t-il également un grand intérêt au baseball ? Tout dépend de l’époque à laquelle on fait référence.

« J’ai perdu toute trace d’amour pour le baseball en 2004 quand les Expos ont déménagé, raconte l’auteur. Avant ça, j’étais un gros fan. Dans les années 1980, mon père m’emmenait au stade. J’avais plein de beaux souvenirs. »

Le départ des Expos lui est resté « en travers de la gorge ».

Dans les pages du roman, on sent cet amour nostalgique pour ce sport. « Le baseball est en train de mourir », va jusqu’à dire le personnage de Hank Lemieux, ancien lanceur professionnel désormais à la tête d’un camion de cuisine de rue.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, LA PRESSE

Richard Labbé

La nostalgie est au centre du récit, parce que pour moi, le baseball, c’est ça. Les statistiques avancées, ça me repousse complètement. Mais l’odeur des hot-dogs, la moutarde, les bretzels, ça vient me chercher.

Richard Labbé

Malgré un côté un peu bourru, Hank transmet ses connaissances à Molly pour parfaire ses lancers. « J’ai fait exprès de mettre un personnage qui allait être un genre de vieux sage. […] C’est peut-être en raison de mon amour pour Karaté Kid quand j’étais petit », avance Richard Labbé. Selon lui, dans le sport comme dans la vie, il est important d’avoir un « vieux sage ou une vieille sage qui peut nous aider ». « Le mot “vieux” se veut sympathique et entre guillemets », précise-t-il.

Une femme parmi les hommes

Molly, personnage principal du roman, rêve de jouer dans la ligue majeure de baseball. Est-ce un plaidoyer en faveur d’une plus grande place des femmes dans le sport professionnel ? « C’est surtout que je pense que c’est possible. […] Ce n’est pas saugrenu de croire que dans une position spéciale, comme lanceur au baseball ou botteur au football, il pourrait y avoir des femmes », répond-il, en donnant notamment l’exemple d’Ève Gascon, qui a gardé les buts dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Au fil du roman, on observe une certaine naïveté chez Molly, qui croit pouvoir percer chez les professionnels après quelques bons lancers contre des joueurs amateurs. Un trait de caractère qui rappelle un peu Bridget Jones ou Andrea Sachs (Le diable s’habille en Prada). Ces ressemblances avec des personnages marquants de la chick-lit sont-elles voulues ? « Pas du tout. Ça, ça vient probablement de mes années de pigiste à Elle Québec », rigole l’auteur, en indiquant que ce n’est pas un genre qu’il lit.

Il n’avait par ailleurs pas de lecteur type en tête en rédigeant son histoire. « J’ai juste essayé d’écrire de la manière la plus accessible possible pour rejoindre le public le plus large possible. »

Et doit-on nécessairement être fan de baseball pour plonger dans l’univers de Molly ? « Jusqu’à maintenant, il y a beaucoup de femmes qui me disent qu’elles n’aiment pas le baseball, mais qu’elles ont aimé mon livre. Ça, c’est un énorme compliment », confie Richard Labbé. À ses yeux, le récit de Molly est surtout une histoire de persévérance.

« C’est une feel-good story. […] Cette histoire-là mérite d’être lue les pieds dans le sable avec un petit drink avec un parasol », croit l’auteur. Avec l’été qui approche, l’invitation est lancée.

Une fille et une balle papillon

Une fille et une balle papillon

Hugo et Cie

286 p.