Les vraies blessures, ce sont celles que personne ne voit, écrit Javier Cercas dans Terra Alta. « Celles que les gens conservent secrètement. Ce sont elles qui expliquent tout. » Encore une fois, l’écrivain espagnol, qui nous avait charmés et captivés avec L’imposteur et Le monarque des ombres, fait mouche. Terra Alta plaira aux amateurs de roman policier autant qu’à ceux qui s’intéressent à l’Histoire avec un grand H.

Éric Clément
Éric Clément La Presse

Dans un village de Terra Alta, petite région de Catalogne, un riche couple de personnes âgées est sauvagement assassiné dans son domaine. L’homme, Francesco Adell, est un puissant industriel, autant respecté que craint, voire haï. Fort d’un acte héroïque récent, le policier Melchor Marín quitte son commissariat de Barcelone pour aller participer à l’enquête policière.

À partir de là, Javier Cercas construit un scénario efficace qui tient en haleine. Parsemant sans outrance son roman d’une violence aussi sourde que brutale. Mais, bien sûr, il y a aussi une histoire d’amour, du soleil et ce bonheur de vivre ibérique qui donne envie de retourner en Espagne !

Avec habileté, Cercas insère un peu de politique pour épicer autant qu’échafauder son histoire. Lui donnant du corps avec les indépendantistes catalans, le franquisme et la guerre d’Espagne (1936-1939) loin d’être disparue des mémoires. Une lecture d’été apaisante et enrichissante. Mais ça prend une suite, señor Cercas !

Terra Alta

Terra Alta

Actes Sud

322 pages

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