Lili Boisvert avait causé une agréable surprise avec Anan I – Le prince, le premier tome d’une trilogie annoncée où elle explore avec un talent certain le genre merveilleux (« fantasy »).

Iris Gagnon-Paradis
Iris Gagnon-Paradis La Presse

Elle continue de déployer l’univers que son imagination débordante a créé avec La prêtresse, le deuxième tome de la trilogie. Dans le premier, on découvrait le royaume d’Anan, un État matriarcal dont la prospérité et la paix, notamment assurées par 12 prêtresses pouvant contrôler les éléments, étaient menacées par Inares, un peuple qui tentait d’envahir leur territoire en passant par le royaume voisin, l’Ouranie. Afin d’assurer la stabilité, la reine d’Anan avait conclu une entente crève-cœur avec la tyrannique reine Làépar, qui règne sur l’Ouranie, acceptant de lui donner son fils, le prince Byrns, en mariage en échange de son alliance contre les Inares. La capitaine Chaolin, personnage d’une belle complexité, y était chargée par la reine d’une mission pour le moins périlleuse : atteindre l’Ouranie avec un contingent de soldats en passant par une sombre forêt habitée par un mystérieux peuple, les Visiteurs, réputés terriblement dangereux et… cannibales. Vous suivez toujours ?

Dans cette suite, on retrouve les personnages de Chaolin et ses acolytes, dont sa cousine Midora et le soldat Tarin, ainsi que la prêtresse Drissayonne (qui a elle aussi été donnée à la reine Làépar en échange de son alliance), alors que la capitaine a réussi, au prix de nombreux sacrifices, à mener à terme sa mission, et que le prince Byrns doit désormais accomplir, même si cela lui répugne, le destin auquel il a été voué : épouser la reine, encore plus sadique qu’on l’avait imaginé. Tout cela alors que le groupe de rebelles qui voulaient renverser le pouvoir en Ouranie a été trahi par Chaolin qui, pour la première fois de sa vie, est envahie par le doute. Quant à la prêtresse Drissayonne, elle se découvre de nouveaux pouvoirs, que beaucoup aimeraient bien exploiter à leur avantage.

Avec ce deuxième effort, Lili Boisvert fait montre encore une fois d’une belle maîtrise de l’action et des rebondissements ; une fois la lecture entamée, difficile de lâcher l’ouvrage. Avec son écriture précise et descriptive qui nous permet de réellement plonger dans cet univers merveilleux, elle tire plusieurs ficelles à la fois et sait créer des revirements surprenants lorsque les intentions réelles des personnages se révèlent au grand jour. Cela dit, on s’y perd parfois un peu entre Ourans, Anasques, Inares et rebelles et les tenants et aboutissements de toutes ces intrigues et tous ces complots politiques, alors que la finale nous amène sur de nouveaux chemins et prépare le terrain pour l’ultime tome de cette trilogie.

Bref, une lecture trépidante, qui saura plaire aux amateurs du genre et qui constitue également une belle introduction pour ceux qui connaissent moins ce type d’univers.

Anan II – La prêtresse

Anan II – La prêtresse

VLB éditeur

344 pages