Le dernier roman policier de Bernard Minier, La chasse, est profondément ancré dans la réalité, dans le monde tel qu’il est actuellement.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

La pandémie est en toile de fond : le port du masque, le couvre-feu, le confinement, les petits restaurateurs qui voient l’œuvre d’une vie s’écrouler. La crise sociale que connaissent de nombreux pays occidentaux est également bien présente : grandes manifestations antiracistes, violence, casse.

Le policier toulousain Martin Servaz doit enquêter sur une sombre affaire : un adolescent noir, qu’on a affublé d’une tête de cerf, se fait chasser comme du gibier dans une forêt de la région. Qui sont ces chasseurs ? Quels sont leurs motifs ?

L’auteur explore une fois de plus la noirceur humaine. Toutefois, il imbrique habilement dans le récit principal des scènes du passé qui expliquent le parcours du principal vilain dans cette affaire.

Bernard Minier campe bien ses personnages, notamment les personnages secondaires qui ne font que passer, mais qui prennent malgré tout une profondeur intéressante.

L’intrigue est bien menée, avec le degré requis de suspense et de revirements. Elle n’est toutefois pas de la plus grande originalité. Le principal attrait du roman demeure dans le portrait d’une société mal en point, qui cherche ses repères.

La chasse
Bernard Minier
Éditions XO
472 pages
★★★½