Fin septembre 2001, Sharon Stone est foudroyée par un accident vasculaire cérébral (AVC). Cette attaque, aux séquelles prolongées, constitue l’amorce et le pivot de ses mémoires.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Dans la vie de la star reconnue mondialement pour Basic Instinct, cet AVC constitue une frontière entre les deux parties de sa vie. Son retour dans la lumière lui permet de se réclamer de cette beauté de vivre deux fois.

La comédienne fait aussi un parallèle entre ses deux vies et les périodes analogique – dont elle se réclame – et numérique – dont elle n’aime pas le côté formaté.

Mme Stone n’a pas la langue dans sa poche, et on en fera encore le constat ici. Écrits au « je », ces mémoires restent en marge du glam d’Hollywood. La comédienne préfère décortiquer une foule d’éléments, heureux et malheureux, survenus au cours de sa vie pour en mesurer les impacts sur son quotidien.

Par exemple, il y a eu, oui, de mauvais comportements envers elle sur les plateaux de tournage. Mais elle a aussi affronté la violence physique de son père et un abus sexuel de son grand-père, alors que sa grand-mère fermait les yeux.

En somme, sa relation amour-haine avec sa famille fera écho à celle, tout aussi ambiguë, entretenue avec le monde du cinéma.

De Basic Instinct, elle exprimera le choc de voir ses parties intimes révélées alors que le réalisateur Paul Verhoeven lui avait dit qu’on ne verrait rien. Mais par ailleurs, la scène où son personnage de Catherine Tramell poignarde son amant a eu un effet libérateur d’une colère intérieure. « Ce rôle est probablement celui qui exploite le plus à fond ma part d’ombre », écrit-elle.

PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON D’ÉDITION

La beauté de vivre deux fois, de Sharon Stone

La beauté de vivre deux fois
Sharon Stone
Robert Laffont
286 pages
★★★½