Contraints de se confiner, certains en ont profité pour replonger dans leurs vieilles photos. En bonne bédéiste, c’est plutôt ses vieux carnets à dessins qu’Iris Boudreau (alias Iris tout court) a décidé de ressortir de sa boîte à souvenirs.

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

Elle y a trouvé ses carnets de voyage réalisés entre 2009 et 2017. Armée de papier et de crayons, Iris a visité Paris, Marseille, Saint-Pétersbourg, Tokyo et Bruxelles. Ses carnets dessinés ont servi de matière première à un tout nouvel album qui arrive ces jours-ci en librairie : Occupez-vous des chats, j’pars ! (éditions Pow Pow).

Dans cet album qui se lit le sourire aux lèvres, Iris raconte ses séjours à l’étranger, souvent associés à des activités professionnelles, comme des résidences de création ou des festivals de BD. « J’ai choisi des extraits dans mes carnets, dont certains ont été publiés à tirage très limité dans des fanzines, puis je me suis laissée aller, lance la bédéiste. J’ai ajouté beaucoup de matériel inédit. »

Ce matériel inédit, présenté en couleur fuchsia, est l’occasion pour la bédéiste native de l’Outaouais de se remémorer les amitiés de passage, les repas d’exception et toutes les anecdotes qui font le sel des voyages.

« Fouiller dans mes vieux carnets m’a rendue nostalgique de voyager », lance-t-elle. À en croire les pages de l’album, certains repas partagés à l’étranger lui manquent aussi énormément. En effet, elle raconte avec un plaisir évident (et cette touche d’humour un brin décalé qui la caractérise) la cuisine locale dont elle s’est (presque) chaque fois régalée.

  • Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

    IMAGE FOURNIE PAR POW POW

    Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

  • Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

    IMAGE FOURNIE PAR POW POW

    Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

  • Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

    IMAGE FOURNIE PAR POW POW

    Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

  • Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

    IMAGE FOURNIE PAR POW POW

    Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

  • Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

    IMAGE FOURNIE PAR POW POW

    Extrait de l’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris

1/5
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« J’adore manger et pour moi, la nourriture est un excellent moyen de découvrir une autre culture. La bouffe, surtout japonaise, est ce que j’ai préféré dessiner pour cet album », explique-t-elle.

Autre thème récurrent de ces pages empreintes d’autodérision : les angoisses de son auteure, grande timide devant l’Éternel. « Comme plusieurs artistes, j’ai souvent le syndrome de l’imposteur, dit-elle. En plus, ce livre marque un retour au style autobiographique après mon album Dans mes rellignes [Mécanique générale] paru en 2006. Or, avec le temps, je suis devenue plus pudique. »

Dans cet album, je me dévoile davantage et je capote un peu ! En plus, avec les médias sociaux, tout le monde se montre déjà tellement… Mais c’est un style qui intéresse les lecteurs, moi la première !

Iris Boudreau

Les copains d’abord

Même si elle roule sa bosse dans le milieu de la BD depuis 15 ans déjà, Occupez-vous des chats, j’pars ! constitue l’un des rares albums solos de sa bibliographie. En effet, on la connaît surtout pour ses albums écrits à quatre mains, notamment avec Zviane (L’ostie d’chat), Yves Pelletier (Le pouvoir de l’amour et autres vaines romances) ou encore Cathon (La liste des choses qui existent). Elle vient aussi de remporter le Prix jeunesse des libraires du Québec (catégorie 12-17 ans) pour avoir illustré Lac Adélard, un roman de François Blais.

La raison de ces multiples collaborations est toute simple : l’envie de partager le plaisir de la création avec des gens qu’elle aime. « La BD est un travail super solitaire et lorsqu’on travaille à deux, on reçoit une certaine émulation. »

Pas pour rien que l’amitié occupe une place de choix dans l’œuvre d’Iris : « C’est un de mes thèmes de prédilection. Je suis très loyale en amitié. L’urbanité est aussi très présente. Je suis une fille de villes. Je suis déménagée à Montréal en 2007, à l’âge de 24 ans, et je ne me verrais pas vivre ailleurs. En Outaouais, il y avait une certaine homogénéité qui me dérangeait. À Montréal, j’aime pouvoir côtoyer plein de types de personnes… »

Polyvalence

Elle aime aussi prêter sa plume à toutes sortes de projets : blogues, fanzines, illustrations pour le magazine pour adolescents Curium, websérie avec l’ONF, romans illustrés, affiches pour des organismes communautaires…

« Avec Occupez-vous des chats, j’ai redécouvert le plaisir du carnet à dessins, une forme plus spontanée que lorsque je fais une longue histoire qui doit être planifiée, scénarisée. » C’est le cas de son triptyque, un western absurde à souhait intitulé Folk, dont deux tomes sont déjà parus à La Pastèque.

Pour l’heure, elle planche, avec son amie Cathon, sur la deuxième saison de la websérie La liste des choses qui existent, offerte sur l’espace Squat de Télé-Québec, notamment. « Il y a tout un travail de recherche derrière chacune des capsules », dit-elle.

Et après ? Elle compte finir le tome 3 de Folk. Et espère pouvoir refaire sa valise pour partir en France, où se trouve la moitié maternelle de sa famille. Ou encore voir Istanbul. Ou retourner au Japon. Et peut-être y trouver tout ce qu’il faut pour poursuivre ses carnets de voyage…

Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris, Éditions Pow Pow, 200 pages

IMAGE FOURNIE PAR POW POW

L’album Occupez-vous des chats, j’pars !, d’Iris