Leonard Cohen, mort en novembre 2016, a fait l’objet d’une biographie signée par le journaliste Michael Posner l’automne dernier. Il est maintenant le sujet d’un autre récit biographique, Leonard Cohen – Sur un fil, du bédéiste Philippe Girard.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Posner prévoit consacrer environ 2000 pages divisées en trois tomes (seul le premier est paru) pour raconter le poète montréalais. Ce projet met en relief le défi qui se présente à Philippe Girard : raconter la même vie en moins de 120 pages. On a beau dire qu’une image vaut mille mots, ce n’est pas une mince affaire.

On retrouve Cohen sur son lit de mort, qui se remémore son incroyable trajectoire de Westmount aux scènes du monde. Girard montre un jeune homme marqué par la perte de son père, mais soucieux de faire son chemin hors du commerce familial : écrivain ou poète. À défaut, il fera des chansons.

Le récit de Girard avance par bonds, comme s’il était pressé de montrer les choses plutôt que de les approfondir. Son album ressemble ainsi à une suite d’anecdotes et de rencontres, dont l’importance n’est pas toujours soulignée. Il s’attarde bien sûr aux Suzanne et Marianne qui ont inspiré les chansons que l’on sait, mais insiste aussi sur bien d’autres conquêtes du poète, en citant les plus célèbres.

Girard marche sur un fil : évoquer la carrière fabuleuse – mais en dents de scie – de Cohen, tout en voulant montrer l’homme derrière le mythe. Or, il reste en surface de son sujet. Son approche visuelle, réaliste, n’ouvre pas non plus de portes dérobées qui auraient pu donner davantage accès à l’imaginaire du poète. Ce récit, en somme, manque de poésie.

Leonard Cohen – Sur un fil
Philippe Girard
Casterman
114 pages
★★½