La page couverture laisse présager un recueil classique sur le deuil, du déni à l’acceptation en passant par la colère avec, comme trame de fond, le bout du tunnel. Or, la proposition de Condoléances sort des sentiers battus. Douze auteurs et autrices — la plupart émergents — visitent le deuil à travers 12 histoires aussi électriques que surprenantes.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Parmi les auteurs établis ayant participé au projet, David Goudreault propose les réflexions tordues d’un narrateur cocu assistant aux funérailles de sa femme. Patrick Senécal, pour sa part, présente le récit fantastique du dernier jour de travail d’un vieux thanatologue.

Condoléances propose aussi l’histoire futuriste de cette vieille femme qui se prodigue elle-même l’aide médicale à mourir (Mathieu Villeneuve) et le texte intimiste d’une jeune femme qui trouve la paix dont elle avait besoin en revenant chez elle pour les funérailles de sa grand-mère (Ellie Martineau-Lavoie). La chouette nouvelle de Rosalie Roy-Boucher narre la rencontre d’un vieil homme qui rêve de funérailles grandioses et d’une employée de salon funéraire malheureuse.

Quelqu’un qui fait l’expérience d’un deuil ne trouvera peut-être pas les réponses qu’il cherche en lisant Condoléances, mais le recueil demeure bien ficelé. Mention spéciale à l’auteur Nicholas Giguère, qui, avec son long poème intitulé Madame Lomer Bolduc, réussit à toucher et à mettre en mots de façon juste le deuil de cette grand-mère qu’il adorait.

Condoléances : 12 histoires de deuil
Collectif, sous la direction littéraire de Catherine Côté et d’Audrey Boutin
Québec Amérique
168 pages
★★★