Réviseure et traductrice de métier, Émilie Choquet fait ses premiers pas en fiction avec Un espace entre les mains, un court récit assez percutant et immersif, qui nous entraîne dans les méandres de la psychose post-partum.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Complètement désorientée après la naissance de sa fille, la narratrice perd peu à peu contact avec la réalité et plonge de l’autre côté du miroir.

Se croyant prise dans une boucle temporelle où les mêmes éléments se répètent inlassablement — allaitement, changement de couches, ronde des infirmières à l’hôpital, conversations —, elle tente de reprendre le contrôle de sa vie qui semble se dérouler désormais indépendamment de sa volonté. « Les parois du présent, du passé et du futur ont perdu leur étanchéité. Je voyage par osmose entre elles à la recherche d’une bonne prise. »

Enfilant les courts chapitres mélangeant habilement les temporalités, ce récit au rythme soutenu, qui se lit d’un trait, a la qualité de bien montrer ce décalage brutal entre la maternité rêvée et vécue, et réussit à faire ressentir, de l’intérieur, ce trouble mental mystérieux qu’est la psychose, et la liquéfaction de l’être qui l’accompagne, pris dans cet « espace » où la perception ne colle plus au réel. 

★★★

Un espace entre les mains. Émilie Choquet. Boréal, 128 pages