À première vue, on pourrait penser que le sympathique chat nommé Son tient le rôle principal de ce roman sensible. De fait, il ne s’agit pas tant d’une histoire de félin que d’une incursion dans les rapports humains.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

Car le matou, à l’article de la mort, est amené à assurer une dernière mission avant de clore ses paupières dorées : celui de trait d’union. C’est ce dont le scénariste Hayakawa prend conscience quand son ex-femme Renko, réalisatrice au succès croissant, le contacte pour lui demander de veiller sur le chat mourant, qu’il avait lui-même recueilli alors qu’ils étaient encore en couple. Mais un autre drôle d’animal s’invite dans le décor : le second mari de Renko, journaliste mollasson, restant néanmoins aux aguets de cette étrange relation s’instaurant dans ce trio de garde-chat.

Lui-même scénariste, l’auteur signe ici un premier roman dont la lecture légère cache toute la complexité des rapports humains et du contrôle de sa propre destinée. Un livre sympathique qui ne se centre pas sur les chats, mais qui en est un ; doté d’une simplicité apparente, mais d’un esprit impénétrable.

★★★

Les chats ne rient pas. de Mukai Kosuke, Éditions Picquier, 160 pages