(Edmonton) Le bédéiste autochtone Kyle Charles affirme que des centaines de personnes l’ont contacté pour le féliciter et le remercier à la suite de la publication d’une nouvelle bande dessinée de Marvel qui raconte l’histoire d’un mutant autochtone.

Fakiha Baig
La Presse Canadienne

Marvel Entertainment, le plus grand éditeur de bandes dessinées dans le monde, a engagé l’homme de 34 ans d’Edmonton pour être l’un des artistes derrière Marvel Voice : Indigenous Voices #1.

Depuis la publication de son livre, la semaine dernière, des gens de partout dans le monde, dont plusieurs jeunes Autochtones, ont contacté M. Charles pour lui dire à quel point ils sont reconnaissants que ce type de contenu soit présenté sur une aussi grande plateforme.

« Des jeunes personnes m’ont contacté pour que je leur donne des conseils », affirme M. Charles, entouré de vieilles bandes dessinées et de souvenirs de Marvel, lors d’une entrevue dans son studio à domicile, au nord-ouest de la ville.

« Ils me disent qu’ils travaillent fort pour rester sobres et je leur réponds : “Je veux que tu te fasses confiance, que tu connaisses ton passé et que tu restes fort dans cet objectif.” »

La nécessité de rester fort est quelque chose que le membre de la Première Nation Whitefish Lake comprend bien. Après avoir vécu une enfance difficile, il a passé près d’une décennie dans la rue.

Les leçons qu’il a apprises lui ont permis de comprendre les difficultés de la jeunesse autochtone. Il espère que les personnages autochtones de son histoire permettront de comprendre que quiconque peut être un héros malgré ses défauts humains.

« C’est important que tout le monde qui vit au Canada ou aux États-Unis soit bien représenté culturellement, estime-t-il. Pendant longtemps, les Autochtones n’avaient pas cette chance ; ils étaient limités à l’arrière-scène. Je pense que quelque chose comme [ma bande dessinée] fait progresser notre cause. »

Dans l’anthologie, l’héroïne, Dani Moonstar, un personnage créé dans les années 1980, possède l’habileté psychique de créer des illusions télépathiques des plus grandes peurs de ses adversaires.

Dani Moonstar, de la Nation Cheyenne, « se questionne sur la définition de son héritage autochtone dans une nouvelle ère de mutants », lit-on dans la description officielle de Marvel.

M. Charles affirme que les femmes fortes et résilientes de sa vie, dont sa copine, sa mère et sa « Coco », ou sa grand-mère, lui rappellent le personnage de Moonstar.

« Ma Coco est en train de mourir du cancer, mais elle est la personne la plus forte que je connaisse, se confie-t-il. Les docteurs ne comprennent pas pourquoi elle ne ressent pas de douleur. »

Selon lui, cela décrit bien les femmes autochtones : calmes et capables de franchir tous les obstacles. Il espère que les jeunes femmes qui liront l’histoire de Moonstar retiendront cela.

« J’espère que [les femmes] seront inspirées ou se sentiront en mesure de prendre en main leur destin, affirme-t-il. La chose la plus importante pour moi, c’est qu’elles voient ça et se disent : “C’est moi. Je suis ce personnage.” »