Visiter le pays des pirates. Rencontrer le capitaine Rolland Fou-de-Bassan, chasser les bachibouzouks de mer et actionner le canon à pets magiques. C’est ce que fait Nathan, 8 ans, dans Nathan au pays des pirates, écrit par Anik Jean et illustré par François Thisdale. Rencontre en quatre points avec un petit flibustier et sa mère.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

1) Dormir dans une cabane

IMAGE FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Extrait de Nathan au pays des pirates, texte d’Anik Jean, illustrations de François Thisdale, éditions Édito jeunesse

Nathan a beaucoup de chance : pour vrai, son lit est dans une cabane de bois, dans sa chambre – La Presse l’a vue, grâce à la magie de la visioconférence. Afin d’y accéder, il doit gravir une échelle. C’est ce qu’il fait tous les soirs, avec sa mère, la musicienne et réalisatrice Anik Jean, ou avec son père, le comédien et animateur Patrick Huard.

« Depuis qu’il est petit, on lit des livres à Nathan, indique Anik Jean. Un soir, je lui ai dit : “Est-ce qu’on s’invente notre histoire à nous ? Ça pourrait s’appeler le pays des Rêves.” » La formule est simple : Nathan et sa mère s’étendent, ferment les yeux et se demandent s’ils sont prêts pour le décollage. Ensuite, un grand arbre enchanté les accueille au pays des Rêves et les interroge sur leur destination. Ce rituel familial est maintenant raconté dans un livre, publié chez Édito jeunesse.

2) Réussir une épreuve

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Qu’est-ce que ça fait de se voir dans un livre ? « C’est bizarre », répond franchement Nathan, 8 ans.

Dans ce premier album — d’autres sont prévus —, le duo voyage au pays des pirates. Pour monter à bord d’un impressionnant deux-mâts, ils doivent réussir une terrifiante épreuve : vaincre l’une de leurs peurs. « J’aime qu’il y ait un challenge, indique Anik Jean. Tu ne peux pas devenir pirate juste de même ! »

Tant le fils que la mère sont personnifiés dans l’album — avec ses tatouages, Anik Jean rafraîchit l’image vieillotte de la maman des livres illustrés. « J’aime que le parent et l’enfant soient des héros, qu’il y ait cette dynamique », souligne l’autrice. « De la dynamite ? » s’interpose Nathan, soudain intéressé par l’entrevue. C’est vrai que de la dynamite, c’est toujours vendeur dans une histoire…

3) S’évader dans l’imaginaire

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« Je me reconnecte tout le temps à la petite fille que j’étais, dit Anik Jean. Il faut penser à ce à quoi on rêvait, à nos aspirations. Je me demande souvent : “La petite fille en moi, est-ce qu’elle aurait fait ça ?” »

Avec ce conte, Anik Jean veut stimuler l’imagination des enfants. « Moi, l’imaginaire m’a sauvée quand j’étais jeune, confie-t-elle. J’ai eu une enfance un peu difficile et l’imaginaire m’amenait une sécurité. Avec tout ce qu’on vit en ce moment, avec le confinement et la réalité qui n’est pas très belle… » Vif, Nathan l’interrompt : « Ben, quand même un peu ! » Sa mère en convient. « C’est sûr, reconnaît-elle en souriant. Mais je pense que ça aide les enfants, de pouvoir creuser dans leur tête et partir. Vivre dans un monde parallèle quelques minutes, ça fait toute la différence du monde. »

L’an dernier, Anik Jean est allée à l’école de son fils pour montrer comment elle réalise de la musique de film. « J’avais apporté mon iPad, décrit-elle. On a fait un mini-film en classe, puis j’ai composé une musique avec ma guitare, en montrant les images aux enfants. Je leur ai dit que l’important, c’est de rêver à quelque chose. D’avoir une passion. Les enfants me regardaient avec les yeux grands ouverts. Ce n’est pas vrai que ce sont juste des “enfants tablette” qui veulent se connecter sur quelque chose. Ils sont ouverts à la création et à l’imaginaire. »

4) Autres projets

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Nathan au pays des pirates, texte d’Anik Jean, illustrations de François Thisdale, éditions Édito jeunesse, en librairie le 7 octobre

Dans ses prochaines aventures, Nathan doit visiter les fonds marins, les dinosaures et l’univers de l’Halloween. « C’est l’Halloween 365 jours par année, ici, précise Anik Jean. C’est notre monde préféré, à Nathan et moi. On se déguise souvent. »

Collaboratrice à La tour, le nouveau talk-show de son mari, Anik Jean en a composé la musique, comme celle de la série Escouade 99. Elle écrit actuellement un thriller psychologique, dont la date de parution est inconnue. « Ça va dépendre de mon horaire et de la pandémie, en espérant que les écoles restent ouvertes, souhaite-t-elle. C’est le fun l’école à la maison, mais côté création, c’est tough. » Dommage que le coronavirus soit plus difficile à chasser que les bachibouzouks de mer…

> Assistez au lancement virtuel d’Anik Jean, sur Zoom, le mardi 6 octobre

> Assistez à l’Instagram Live d’Anik Jean à 19 h, jeudi 8 octobre

Nathan au pays des pirates, texte d’Anik Jean, illustrations de François Thisdale, Édito jeunesse. Dès 4 ans.