Ce deuxième roman noir de Christian Giguère touche la cible. L’auteur nous tient en haleine dans un récit se déroulant dans les méandres politico-mafieux longueuillois. L’après-printemps érable a un goût amer pour Michaël. Universitaire désabusé, devenu père et vendeur de drogue, il fait face à des choix cornéliens dans un monde corrompu.

MARIO CLOUTIER
Collaboration spéciale

Le roman de genre a progressé de manière phénoménale au Québec. Christian Giguère est un bel exemple de ces auteurs qui écrivent bien et savent raconter une histoire dans un style maîtrisé longtemps, et surtout, par des romanciers américains.

La corruption existe au Québec, comme l’ont démontré plusieurs enquêtes. Ici, les noms des politiciens et des mafieux ont changé, mais on les reconnaît facilement. Ajoutez à cela l’excellente idée de camper le récit dans un après-2012 aux fruits amers, et vous obtenez la tragédie contemporaine de jeunes gens qui n’ont plus rien à perdre.

On s’identifie aisément au personnage principal, homme indécis, pris entre des eaux plus troubles les unes que les autres. Attiré par le pouvoir qu’offre la vie criminelle, mais souhaitant aussi être un père responsable de sa fille que la DPJ menace de reprendre.

En outre, Michaël et son mentor criminel sont des amoureux de littérature. Des âmes romantiques, en quelque sorte, qui croient encore au respect et à l’honneur. Mais noir reste le roman et le destin des hommes de bonne volonté. Les traîtres y triompheront toujours.

Le printemps des traîtres
Christian Giguère
Héliotrope noir
246 pages
★★★★