Une bonne nouvelle n’attend pas l’autre pour Dominique Fortier, qui est maintenant en lice pour deux prestigieux prix littéraires français.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Après s’être retrouvée jeudi soir parmi les quatre finalistes du prix Renaudot dans la catégorie des essais, l’écrivaine québécoise a appris ce vendredi que son très beau livre Les villes de papier faisait aussi partie de la première sélection du Femina, dans la même catégorie.

« Je suis très heureuse, doublement surprise », a-t-elle dit à La Presse, encore « en état de choc ».

« Ça me fait très plaisir que mon livre ait été remarqué et aimé par les jurées du prix Femina. Et le Renaudot, juste me retrouver sur la courte de liste des finalistes, c’est déjà inespéré. »

Inspiré de la vie et l’œuvre de la poète américaine Emily Dickinson, Les villes de papier, cinquième ouvrage de l’autrice québécoise, a été publié au Québec chez Alto il y a deux ans. Le livre continue maintenant son parcours en France, où il a été publié au début de l’été aux éditions Grasset.

Elle a aussi appris cette semaine que Les villes de papier et son précédent livre, Au péril de la mer, qui a remporté le prix du Gouverneur général il y a quatre ans, avaient été achetés par un éditeur espagnol.

« Ils continuent de vivre sans moi et ça me fait très plaisir. »

Dominique Fortier figure sur la première liste du Femina aux côtés de 11 autres auteurs, dont Caroline Fourest, Christophe Granger et Ruth Zylberman. La prochaine sélection sera dévoilée le 23 octobre et les prix seront remis le 3 novembre. La remise du Renaudot, elle, aura lieu le 10 novembre, en même temps que le Goncourt.

« Il faut croire qu’Emily Dickinson est encore formidablement d’actualité, commente l’autrice. On m’a demandé récemment de suggérer des livres qui nous aident à comprendre notre époque, et j’ai proposé Dickinson, qui est un formidable professeur : de confinement, d’indépendance, de liberté. »

Prix Femina, deuxième sélection de romans français

– Miguel Bonnefoy, Héritage (Rivages)

– Thierry Clermont, Barroco bordello (Seuil)

– Olivia Elkaim, Le tailleur de Relizane (Stock)

– Oriane Jeancourt Galignani, La Femme-écrevisse (Grasset)

– Serge Joncour, Nature humaine (Flammarion)

– Lola Lafon, Chavirer (Actes Sud)

– Marie-Hélène Lafon, Histoire du fils (Buchet-Chastel)

– Hugo Lindenberg, Un jour ce sera vide (Bourgois)

– Diane Mazloum, Une piscine dans le désert (JC Lattès)

– Laurent Petitmangin, Ce qu’il faut de nuit (La Manufacture des livres)

Prix Femina, deuxième sélection de romans étrangers

– Dulce Maria Cardoso, Eliete, la vie normale (Chandeigne)

– Jeanine Cummins, American Dirt (Philippe Rey)

– Yaa Gyasi, Sublime royaume (Calmann-Lévy)

– Kiran Millwood Hargrave, Les Graciées (Robert Laffont)

– Nazanine Hozar, Aria (Stock)

– Deborah Levy, Le Coût de la vie et Ce que je ne veux pas savoir (Éditions du Sous-Sol)

– Colum McCann, Apeirogon (Belfond)

- Tiffany McDaniel, Betty (Gallmeister)

- Eshkol Nevo, La Dernière Interview (Gallimard)

– Richard Russo, Retour à Martha’s Vineyard (Quai Voltaire)

- Eduardo Fernando Varela, Patagonie route 203 (Métailié)

– Colson Whitehead, Nickel Boys (Albin Michel)

Prix Femina, première sélection d’essais

– Pascal Dibie, Ethnologie du bureau (Métailié)

– Cynthia Fleury, Ci-gît l’amer (Gallimard)

– Dominique Fortier, Les villes de papier (Alto)

– Caroline Fourest, Génération offensée (Grasset)

– Hélène Gestern, Armen (Arléa)

– Christophe Granger, Joseph Kabris ou les possibilités d’une vie (Anamosa)

– Charif Majdalani, Beyrouth 2020 (Actes Sud)

– Hervé Mazurel, Kaspar l’obscur ou l’enfant de la nuit (La Découverte)

- Krzysztof Pomian, Le Musée, une histoire mondiale, tome I (Gallimard)

– Georges Vigarello, Histoire de la fatigue (Seuil)

– Emmanuel de Waresquiel, J’ai tant vu le soleil (Gallimard)

- Ruth Zylberman, 209 rue Saint-Maur (Seuil)