Elles s’étaient déjà engagées sur cette voie avant la pandémie, mais les bibliothèques ont plus que jamais investi dans l’offre numérique pour continuer à satisfaire leurs lecteurs pendant la crise, en bonifiant les services pixelisés.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

La réponse du public est bien là : entre la mi-mars et la mi-avril, les visites sur le portail de Bibliothèque et Archives nationales (BAnQ) ont augmenté de 35 %, les nouvelles demandes d’abonnement aux services en ligne sont multipliées et le prêt numérique est passé de 3700 à 6500 livres par jour.

Du côté de pretnumerique.ca, qui englobe les chiffres de BAnQ, on parlait, courant avril, de 11 000 emprunts quotidiens.

Cette tendance est évidemment liée à la conjoncture, les Québécois n’ayant plus accès aux documents physiques de leurs bibliothèques. L’expérience temporaire pourrait-elle néanmoins instaurer un changement plus profond des habitudes de lecture et faire, à plus long terme, une meilleure place aux ouvrages numériques ? Il n’est pas impossible que des lecteurs découvrant – certains contre leur gré ! – la littérature en format epub y prennent finalement goût.

On devine que beaucoup de gens qui n’avaient jamais essayé ça auparavant s’y sont mis. Est-ce qu’on va créer des lecteurs numériques à plus long terme ? C’est un peu notre sentiment en ce moment.

Jean-François Cusson, directeur de BiblioPresto

« L’emprunt numérique a toujours été en augmentation. Là, il a pris une courbe marquée. On a sûrement gagné des lecteurs qui n’avaient pas eu l’occasion ou pas envie d’essayer et qui en voient les avantages, comme de ne pas avoir à se déplacer. Je ne pense pas que ça va rechuter pour revenir au même niveau », croit Maryse Trudeau, directrice de la médiation documentaire et numérique à BAnQ.

– Avec la collaboration d’Alexandre Vigneault, La Presse