Le polar scandinave et nordique est un genre qui se caractérise souvent par des meurtres bien sanglants et un regard inquiet sur des enjeux de société. La fille sans peau ne fait pas exception. La grande différence, c’est que l’action ne se passe pas à Reykjavik ou à Stockholm, mais à Nuuk, capitale du Groenland. Cela garantit un dépaysement total.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Matthew Cave, journaliste danois fraîchement installé dans la petite ville, est appelé à couvrir la découverte de la momie d’un ancien viking. Mais voilà, la momie disparaît et celui qui la gardait se fait assassiner d’une façon particulièrement horrible. Cet événement amène Matthew à s’intéresser à des meurtres semblables commis dans les années 70.

La narration alterne donc entre l’enquête du policier Jakob Pedersen, en novembre 1973, et celle de Matthew, en août 2014. Le procédé est bien mené, l’intrigue est intéressante, les personnages sont bien campés, mais la conclusion souffre d’une certaine confusion. L’intérêt du roman réside surtout dans le portrait d’une société marquée par la colonisation et le problème de l’abus sexuel des enfants. L’auteur, Mads Peder Nordbo, a longtemps vécu à Nuuk, et ça paraît.

La fille sans peau, de Mads Peder Nordbo, Actes Sud, 380 pages, ★★½